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Vallée de la Roya : un agriculteur devant les juges pour avoir aidé des réfugiés
Article mis en ligne le 4 janvier 2017

Cédric Herrou est devenu l’emblème de la désobéissance civile en faveur des migrants.

De figure de héros local, il est passé d’emblème humanitaire jusqu’aux Etats-Unis où le "New York Times" lui a consacré un long portrait en octobre dernier.

Prêt à tout pour venir en aide aux réfugiés qui passaient près de chez lui, à Breil-sur-Roya, au nord-est de Nice (Alpes-Maritimes), en les faisant traverser la frontière franco-italienne, il est poursuivi pour aide à l’entrée, à la circulation et au séjour de personnes en situation irrégulière. Ce mercredi 4 janvier, cet agriculteur de 37 ans doit passer devant le tribunal correctionnel de Nice, le parquet estimant qu’il n’a pas agi à titre humanitaire mais par militantisme.

La justice lui reproche également l’occupation illégale de locaux privés, un bâtiment désaffecté pour colonies de vacances de la SNCF à Saint-Dalmas-de-Tende, dans lesquels Cédric Herrou et son association "Roya citoyenne" avaient mis à l’abri des dizaines de migrants, dont de nombreux mineurs isolés. Convoqué une première fois en novembre dernier devant les tribunaux, le jeune homme avait obtenu le renvoi de son procès.

La médiatisation de son dossier avait poussé le président du Conseil départemental, Eric Ciotti, et le président de la région Paca, Christian Estrosi, à s’inviter dans le débat, et à réclamer la fermeture du camp. (...)

"Quand vous voyez des familles avec des bébés, des mineurs dans les rues, en situation d’hypervulnérabilité face aux réseaux en tous genre, vous faites quoi ? Vous passez votre chemin ?", disait-il à "la Croix" il y a quelques jours. (...)

En décembre, Eric Ciotti les a désignés comme une "poignée d’activistes", "de passeurs", de "délinquants". Le département, pourtant, a l’obligation de prendre en charge les mineurs, ce qui, selon l’association de Cédric Herrou, n’est jamais entrepris. "Je me suis mis dans l’illégalité, parce que l’Etat ne respecte pas la légalité", estime Cédric Herrou, interrogé par LCI. Ce dernier encourt 5 ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.