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Sud-Ouest
Transition énergétique : enfin la fin du sac plastique
Article mis en ligne le 13 octobre 2014

En 2016, les sachets les plus fins devront disparaître des commerces. Ils sont responsables de pollutions majeures.

La lutte contre les sacs plastique s’étend des rivages de l’Atlantique à ceux du Pacifique. Dix jours après la Californie (États-Unis), la France interdit à son tour les sacs plastique « à usage unique », les plus fins. Les députés ont voté vendredi soir cette disposition de la loi sur la transition énergétique défendue par Ségolène Royal, la ministre de l’Écologie.

Elle concerne les sacs de caisse distribués dans le commerce et ceux des rayons fruits et légumes. Le nombre d’unités est estimé à cinq milliards par an en France pour la première catégorie, à 12 milliards pour la seconde. La date fatidique de leur disparition est fixée au 1er janvier 2016. Ils pourront être remplacés par des sacs à base de matière organique (amidon de maïs ou de pomme de terre) recyclables dans des composts à domicile. Ou par des sacs en papier et des sacs plastique renforcés et payants. (...)

Dans certains coins d’Afrique ou d’Asie, l’approche d’un village est plus sûrement signalée par les sacs plastique qui décorent les arbres que par les panneaux indicateurs. Les berges de nos rivières en sont tapissées après les crues. Et comme (presque) tout ce qui est jeté à terre finit à la mer, on retrouve ces poches dans la poubelle planétaire que devient chaque jour un peu plus le milieu océanique. (...)

Dans quelques centaines d’années, on constatera probablement que la dégradation des sacs plastique sera imparfaite, voire hypothétique. Et on continuera à ramasser des tortues et des mammifères marins (s’il en reste…) étouffés par des sachets qu’ils auront pris pour des méduses consommables. Sans parler des microdéchets de plastique susceptibles d’entrer dans la chaîne alimentaire. (...)

L’interdit étant maintenant prononcé, reste à savoir si le puissant lobby de la plasturgie ne va pas peser pour rendre le dispositif moins douloureux. La filière soutient qu’il n’existe pas à ce jour de solution technique pour des sacs dégradables dans un compost domestique. « Nous subissons déjà des pressions pour repousser la date », a admis Ségolène Royal. La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) et l’Union nationale des syndicats de détaillants en fruits, légumes et primeurs (UNFD) sont elles aussi montées au créneau. Ils protestent contre un surcoût estimé à 300 millions d’euros par an pour les commerçants.