Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
France inter
Titiou Lecoq : "Tant qu’on ne cherche pas les femmes dans l’Histoire, on ne les trouve pas"
Article mis en ligne le 20 septembre 2021

La journaliste et romancière est l’invitée d’Eric Delvaux et Carine Bécard pour la parution aux éditions de l’Iconoclaste de son ouvrage "Les grandes oubliées : pourquoi l’histoire a effacé les femmes".

"Beaucoup de choses étaient fausses dans ce qu’on a appris à l’école : on vivait avec l’idée que les femmes s’étaient occupées de la maison et des enfants et donc ont été empêchées de faire des choses et de participer à l’Histoire. C’est faux et ça a même un nom, c’est le mythe de la femme empêchée", explique la journaliste et romancière Titiou Lecoq, autrice de "Les grandes oubliées : pourquoi l’histoire a effacé les femmes". Elle confirme à ce sujet "une ébullition sur ces sujets-là ces dernières années" dans la recherche : "On est en train de redécouvrir la femme préhistorique, mais ça marche pour toutes les périodes." (...)

"En travaillant sur l’histoire des femmes, les historiennes sont toujours suspectées d’être militantes. Pourquoi l’histoire des femmes serait-elle militante alors que l’histoire qu’on apprend, qui est masculine et non mixte, ne serait-elle pas aussi une forme de militantisme ?", s’interroge d’ailleurs Titiou Lecoq qui regrette, par exemple, que dans les livres d’histoire de seconde générale réédités avec la réforme du lycée, on observe "une régression contre-intuitive par rapport à l’évolution de la société". (...)

"Rien n’est gravé dans le marbre"

"Il y a l’idée que la marche naturelle de la civilisation va vers plus d’égalité, qu’on partirait d’un état sauvage d’inégalités, et qu’on tendrait vers l’égalité avec la culture. Mais l’histoire nous apprend que c’est faux : parfois les femmes gagnent en liberté, mais elles ont aussi parfois perdu", rapporte la journaliste. Ainsi, "rien n’est gravé dans le marbre, les femmes peuvent perdre des droits et des libertés, c’est déjà arrivé, mais on peut aussi en gagner donc il faut se battre", estime-t-elle.

"Ce que j’écris ne sort pas de nulle part, ce sont des travaux scientifiques, sourcés, récents", rappelle Titiou Lecoq, questionnée sur les critiques récurrentes d’Éric Zemmour à propos de cette histoire féministe et féminisée.

"Ça ne sort pas de notre imagination. Zemmour lui-même dit d’ailleurs beaucoup d’erreurs, lui qui pourtant se pique d’Histoire."

Un courant masculiniste qui "prend de l’ampleur, se structure et est de plus en plus actif", explique la journaliste. "On appelle ça la ’manosphère’, des masculinistes qui vont s’en prendre à des femmes, les harcèlent, et ça se voit beaucoup sur Internet." (...)