Une loi sur le consentement sexuel, qui considère comme viol tout acte sexuel sans accord explicite, même en l’absence de menace ou de violence, entre en vigueur dimanche en Suède après que le pays a été bouleversé par la campagne #MeToo.
"Il n’y a absolument aucune exigence de dire oui formellement, de cliquer sur un bouton dans une appli ou quoique ce soit de cet acabit. Simplement participer physiquement est un signe de consentement", rappelle à l’agence locale TT Anna Hannell, juge qui a participé à l’élaboration de la loi.
Les tribunaux devront être particulièrement attentifs à ce que "le consentement se soit exprimé par les mots, les gestes ou d’une autre manière", autant d’éléments sur lesquels les juges devront statuer.
Portée par la majorité sociale-démocrate et verte, la loi adoptée fin mai est très critiquée par l’ordre des avocats et le Conseil des lois qui s’interrogent sur sa mise en pratique.(...)
L’objectif du législateur est de changer les comportements dans un pays où l’égalité hommes-femmes est considérée comme parmi les plus abouties dans le monde.
"La législation est normative. Elle envoie un signal", souligne à la radio publique SR Emil Gustavsson de l’organisation "Des hommes pour la Parité".
"Les adultes doivent prendre leur courage à deux mains et avoir avec les jeunes des discussions sur ce qu’est le consentement", ajoute-t-il.(...)
A l’automne, en Suède, plus de 10.000 femmes de tous milieux professionnels - notamment dans le bâtiment, la culture, les médias et la justice - ont pris la parole et fait campagne contre le harcèlement.
"A mon avis, c’est important que la société énonce clairement ce qui est ok ou pas", estime Erik Moberg, un trentenaire suédois. "Ça donne à réfléchir sur son propre comportement et celui des autres". (...)