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Marie-Claude Saliceti
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Slate.fr
Si les filles abandonnent les études scientifiques, c’est aussi à cause des garçons
Article mis en ligne le 27 novembre 2016
dernière modification le 22 novembre 2016

Une étude menée par une équipe d’anthropologues souligne que les étudiants en filière scientifique sous-évaluent les compétences de leurs camarades du sexe opposé. Et ce n’est pas sans incidence sur la suite de leur cursus.

(...) Ce sexisme, les chercheurs l’ont quantifié en interrogeant des milliers d’étudiants en licence de biologie. Résultats : pour qu’une jeune femme soit jugée comme la meilleure des étudiantes par ses camarades masculins, sa moyenne doit être de 0,75 point plus élevée. Un écart encore plus important outre-Atlantique qu’on ne le croit puisque les étudiants américains sont notés sur 4 (A correspond à 4, B à 3, C à 2, D à 1 et F à 0).

En clair, « cela revient à croire qu’un homme qui a B de moyenne et une femme qui a A ont les mêmes capacités », résume Sarah Eddy, qui a participé à l’étude. Et ce, sachant que les chercheurs ont déjà pris en compte dans leurs résultats le fait que les étudiants prenaient davantage la parole en cours que leurs condisciples de sexe féminin et sont donc plus visibles de leurs pairs. (...)

Environnement hostile

Ce fossé de perception peut bien être encore plus conséquent dans les autres filières scientifiques. « Sachant que la biologie est une filière scientifique mixte, vous pouvez imaginer ce qu’il en est dans des cursus de physique, de mathématiques ou d’ingénierie, qui sont numériquement dominés par les garçons », poursuit Sarah Eddy dans un communiqué. Ce qui est problématique, c’est que le soutien de ses camarades est un facteur-clef dans la poursuite des études scientifiques chez les jeunes femmes, qui se retrouvent déjà en minorité numérique : « Pour finir vos études, vous avez besoin de croire que vous pouvez le faire, et une des choses qui peut vous convaincre est que vos camarades disent que vous en êtes capable. »

Autre point négatif que rappellent les chercheurs : leurs travaux sont la preuve que cet environnement hostile aux femmes n’est pas vraiment sur le point de disparaître. (...)