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France24
San Marin dit "oui" à plus de 77 % à la légalisation de l’avortement
Article mis en ligne le 27 septembre 2021

La minuscule République à forte tradition catholique de San Marin, enclavée dans le centre de l’Italie, a voté dimanche, lors d’un référendum, à une large majorité (77,28 %) en faveur de la légalisation de l’avortement. Le Parlement devrait voter une loi conforme à l’issue du référendum.

C’est un tournant historique pour le micro-État à forte tradition catholique. Quarante-trois ans après l’Italie voisine, la petite République de San Marin a approuvé à une très large majorité, au cours d’un référendum organisé dimanche 26 septembre, la légalisation de l’avortement.

Au total, 35 411 électeurs étaient appelés à voter, dont un tiers à l’étranger.

À ce référendum organisé à l’initiative de l’Union des femmes san-marinaises (UDS), 77,28 % des votants ont dit "oui" à l’option de donner aux femmes le libre choix d’avoir recours à l’IVG jusqu’à douze semaines de grossesse, selon les résultats définitifs.

Après ce délai, l’avortement ne serait autorisé qu’en cas de menace pour la vie de la mère ou lorsque des anomalies ou des malformations détectées chez le fœtus "comporte[raient] un grave risque pour la santé physique ou psychique de la femme". (...)

"On respecte la démocratie, on prend acte de ce résultat, mais l’avortement doit vraiment rester l’ultime option", a réagi Antonella Mularoni, du comité contre la légalisation de l’IVG, reconnaissant la défaite de son camp.

Actuellement, l’avortement est un crime passible d’une peine de prison allant jusqu’à trois ans pour la femme et six ans pour le médecin qui le pratique. Mais, dans les faits, il n’y a jamais eu de condamnation car les San-Marinaises se rendent en Italie pour avorter, contournant ainsi la loi. (...)

Les opposants à l’IVG avaient été confortés dans leur refus par le pape François, qui a exprimé une nouvelle fois, à dix jours du référendum, son horreur de l’avortement, qu’il a assimilé à "un meurtre".

Les résistances à la légalisation de l’avortement étaient fortes, à commencer par celle du Parti démocrate-chrétien (PDCS) au pouvoir, qui avait appelé à voter "non" pour "défendre le droit à la vie".

Si les consignes de vote du PDCS, qui dispose d’un peu plus d’un tiers des députés au Parlement, étaient claires, ce sujet de société transcende les traditionnels clivages politiques et de nombreux croyants étaient en faveur du libre choix. (...)

Après l’Irlande et Gibraltar

La victoire du "oui" constitue un changement radical pour San Marin, car l’interdiction de l’IVG date de 1865 et a été confirmée sous le régime fasciste (1923 à 1943) et par le code pénal de 1974.

Cette minuscule enclave montagneuse dans le centre du territoire italien était l’un des derniers États d’Europe – avec Malte, l’Andorre et le Vatican– à entièrement interdire l’IVG, même en cas de viol, d’inceste, de maladie du fœtus ou de danger pour la mère.

San Marin suit ainsi l’exemple de l’Irlande qui a légalisé l’avortement en 2019. Un autre bastion de l’opposition à la légalisation de l’IVG, Gibraltar, avait assoupli sa législation après un référendum en juin.