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#SafeDansLaRue, quand des médias confisquent la parole des femmes
Article mis en ligne le 6 février 2014

Des femmes disent sur des réseaux sociaux la peur qu’elles ressentent dans la rue la nuit. Certains médias leur clouent le bec en jouant l’air de la culpabilité.

(...) Chacune à sa façon exprime la peur que l’on ressent seule dans la rue la nuit lorsqu’on a appris depuis le plus jeune âge que l’on est une proie pour des violeurs et agresseurs. Une peur qu’ignorent les hommes. Certaines disent ce qu’elles font pour éloigner le danger, mais on sent bien qu’elles n’en mènent pas large.

Lisant cela, des hommes comprennent comme ‏@peultier : « Mais je n’avais pas conscience jusque hier de ce qui a été soulevé sur #safedanslarue donc je serai plus attentif. » D’autres disent qu’ils changent de trottoir pour ne pas faire peur.

Culpabiliser les victimes

Bref, le message passe enfin. Très vite, de grands médias s’emparent du sujet, plutôt bien globalement. Mais pas toujours. MadameFigaro prend soin d’insister sur le fait que des hommes se sont sentis insultés et « s’exclament, à juste titre, que "tous les hommes ne sont pas des pervers" ».

Europe 1 sur son site détourne l’intention du hashtag #SafeDansLaRue et en fait un article. Pas pour attirer l’attention des hommes sur ces témoignages, pas pour s’indigner de voir que dans notre pays prétendument civilisé, la liberté d’aller et venir est interdite à la moitié de la population. Pas pour demander au ministre de l’Intérieur ce que fait la police. Pas pour demander à l’école ou aux parents comment ils ont éduqué les enfants pour qu’on en soit là aujourd’hui. Pas non plus pour citer en exemple les hommes qui prennent des précautions (comme l’a fait par exemple Christine Laemmel dans 20Minutes)

Le message de l’article d’Europe 1 est : la peur dans la rue, c’est votre problème, les filles et dans notre grande magnanimité nous allons vous aider à le résoudre. Et de convoquer le coach de service, professeur de self-défense, pour expliquer aux femmes comment avoir moins peur. Evidemment, ce sont elles qui doivent se remettre en question en évitant de montrer des signes de faiblesse et en surveillant leur tenue. Un peu comme si, à l’occasion d’un sujet sur l’augmentation des vols de portefeuille, on conseillait de se ballader avec un coffre fort sur soi ou de sortir sans son portefeuille. Interpelé sur Twitter, l’auteur de l’article, sûr de sa façon de voir les choses, ne comprenait pas ce qui lui arrivait. (...)