« Le monde devrait proclamer que le viol de guerre est aussi grave que l’arme chimique et décréter qu’il s’agit là d’une ligne rouge fatale », déclarait il y a un an le docteur Denis Mukwege, gynécologue-obstétricien en République démocratique du Congo (RDC). Il aurait mérité le prix Nobel de la paix. L’Union européenne lui a décerné le prix Sakharov pour la liberté de pensée, honorant les personnes ou les organisations qui ont consacré leur existence à la défense des droits de l’homme et des libertés.
Dans un pays où le viol de masse est devenu une arme de destruction massive, ce médecin qui a fait ses études en France, a été contraint d’évoluer vers la chirurgie réparatrice. L’hôpital de Panzi, dont il est le directeur, « a été créé en 1999 pour venir en aide aux femmes enceintes, contribuer à améliorer la santé reproductrice en luttant contre la mortalité maternelle et infantile. Malheureusement, nos premières patientes furent des femmes et des jeunes filles victimes de violences sexuelles. »
Depuis quelques années, il s’élève publiquement contre cette barbarie et dénonce l’impunité des principaux chefs de guerre et de leurs soutiens. « Le traitement au bloc opératoire ayant montré ses limites, nous n’avons pas eu d’autres choix que d’informer l’opinion publique internationale [...] pour briser l’indifférence, contribuer à traiter les causes de la violence et avancer sur le chemin de la paix. » Des prises de position qui lui valent des menaces et des tentatives d’assassinat dans son pays (...)