Depuis un certain temps, un nouveau vocable a envahi les médias et les espaces de discussions tant internationaux que nationaux : celui du changement climatique.
Quelles sont les conséquences du changement climatique sur l’autonomisation des femmes rurales ? Comment peuvent-elles s’impliquer dans la lutte contre ce fléau ? Quelles alternatives peuvent-elles mettre en œuvre pour mettre fin à ce cataclysme écologique ?
(...) La majorité des femmes des pays du Sud vivent dans la pauvreté et l’inégalité. Or, ce sont précisément elles les premières touchées par la crise climatique générée en très grande partie par l’émission de CO2 provenant essentiellement du Nord.
Quatre-vingt pour cent du 1,3 milliard de personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans le monde sont des femmes.
Dans les pays non industrialisés, souvent situés au Sud de cette planète, les femmes paysannes produisent 80% de la nourriture. La désertification, la perte de ressources en eau, etc., ont un impact énorme sur leur vie quotidienne. Quand les terres ne produisent plus de nourriture à cause du changement climatique, les femmes et leurs enfants forment la majorité du contingent des personnes déplacées, obligées de prendre le chemin de l’exil pour survivre.
Un rapport publié par Oxfam en juin 2009, « The Winds of Change : Climate change, poverty and the environment in Malawi » (Les vents du changement : changement climatique, pauvreté et environnement au Malawi) explique que les femmes sont les premières victimes du changement climatique de par la multiplicité de leurs rôles (...)
Nous luttons simultanément pour l’élargissement des droits des femmes concernant le contrôle de leur fécondité et pour l’éradication de la pauvreté, seul moyen à même de diminuer la pression démographique dans les communautés. Nous luttons également contre le consumérisme capitaliste : une consommation de produits sans valeur d’usage et nocifs pour l’environnement.
L’expansion de l’agro-business, de la production d’agro-carburants et de la vente des sols aux multinationales est à l’origine d’une perte de terre et d’autonomie pour les petit-e-s producteurs/rices, dont la majorité sont des femmes provenant la plupart du temps de communautés indigènes.
Les femmes indigènes et les paysannes sans terre jouent un rôle central dans la défense des écosystèmes forestiers contre les gouvernements qui veulent les vendre au plus offrant (...)
L’autonomie économique des femmes se réfère à leur capacité à pourvoir elles-mêmes à leurs besoins ainsi qu’à ceux des personnes qui dépendent d’elles et à décider de la meilleure façon d’y parvenir. L’autonomie économique est une notion plus large que l’autonomie financière dans la mesure où elle comprend aussi l’accès à la sécurité sociale, à la terre, aux services sociaux de base ainsi qu’aux services publics.
Le salaire n’est pas la seule composante de l’autonomisation des femmes, celle-ci dépend aussi et surtout de leur formation, de l’éducation qu’elles auront reçue et de l’accès aux biens communs, au crédit, à l’économie solidaire, à la terre et aux services publics (...)
Si heureusement ces dernières années, on observe une augmentation de la scolarisation des femmes, leur formation ne débouche pas pour autant et moins que pour les hommes sur un emploi rémunéré. Pour celles qui gagnent un salaire, celui-ci est généralement moins élevé que celui d’un homme travaillant à un poste équivalant.
De plus, généralement et ce, que l’on habite au sud ou au nord de cette planète, ce sont les femmes qui s’occupent du travail reproductif, à savoir : le soin des enfants, de la maison, des maris, des malades et des personnes âgées, l’entretien des temples et des églises, la préparation des cérémonies mortuaires... Ainsi, les femmes doivent toujours gérer leur temps et disponibilité entre travail reproductif (de soin) et travail rémunéré (...)