Après une semaine grave et lourde, prenons un peu de hauteur pour se livrer à une activité simple et reposante : râler.
Quel a été le point commun entre l’insupportable histoire de l’humiliation d’une femme portant le voile au conseil régional et la réforme des retraites ?
Les mamans. Alors j’aimerais mettre les choses au clair, le terme « maman » est tiré du vocabulaire enfantin et il devrait y rester. (...)
Cette vague de « mamans » dans les articles, à la radio, à la télé et sur les réseaux sociaux, ce n’est pas possible. Même le président de la République nous parle de « mamans ». (...)
Là, on a touché le fond avec l’expression « maman d’élève ». On n’est même plus des parents d’élèves, on nous colle le terme affectif « maman » avec un mot neutre comme « élève ». On nous a pété des durites sur l’écriture inclusive, et « maman d’élève », ça ne dérange personne ? Ça passe tranquillement ?
D’ailleurs, on peut noter qu’il y a deux écoles parmi les tenants du « maman » à tout prix, avec ou sans majuscule. (...)
il y a le mythe de la maman. Une maman, c’est gentil, c’est attendrissant. C’est à peine une femme. Or sur cette histoire de sortie scolaire, parler de « maman voilée », je trouve ça à la limite du paternalisme bon teint. D’ailleurs, j’ai l’impression que le terme générique de « maman » est davantage employé dans les médias pour désigner les mères dans les quartiers populaires et/ou perçues comme issues de l’immigration. Je ne veux pas trop m’avancer, mais je vois passer relativement peu d’articles sur les « mamans cadres supérieures » ou les « mamans CSP+ ».
Ce qui me dérange particulièrement dans cette formule de « maman voilée », c’est qu’elle ne donne pas l’image d’un individu à part entière qui fait ses propres choix, en l’occurrence celui de porter le voile, ce qui est son droit le plus strict. La « maman voilée », elle est du côté de l’enfance, et limite on lui pardonne de porter le voile parce qu’elle le fait sans doute par superstition, comme tous ces trucs de bonnes femmes un peu bizarres. Ça passerait presque pour une excuse : « Oui, elle porte le voile, mais c’est une maman vous savez. »
En fait, cette femme, qui s’appelle Fatima, n’est pas votre maman, alors arrêtez de l’appeler maman. On peut défendre ses droits sans l’appeler maman, et ce serait même mieux parce que la défense de droits fondamentaux ne devrait pas reposer sur l’attendrissement.