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Prostitution : lettre ouverte à « homme cool » pour qui « ça peut même revenir moins cher au final » que de séduire une femme
Article mis en ligne le 18 septembre 2013

Cher « Homme cool »,

Vous témoignez dans les colonnes du Monde daté d’hier sur votre expérience de client de prostituées. Dans une longue et prudente introduction, le journal précise que vous êtes loin d’être un paumé, que vous êtes plutôt quelqu’un de bien inséré et de possiblement privilégié (vous travailleriez « dans la finance, le marketing, l’informatique ou encore un service d’archives« ) ; et le journal salue en filigrane le grand courage qu’il vous aura fallu pour vous exprimer (quoique de façon anonyme).

Que l’on entende votre point de vue, pourquoi pas, sur le principe… (...)

Votre sens aiguisé de l’optimisation des coûts

Votre opinion, à vous qui aimez les « grandes brunes, peau mate de 1 m 75 avec ce qu’il faut » (comme sur un catalogue, où l’on a le choix de la couleur, des dimensions et des options), c’est que « ça peut même revenir moins cher au final » d’aller aux putes (pardon « aux escorts ») que de « passer par la case drague, invitations aux diverses sorties (restaurant, cinéma, etc.) où ça peut se concrétiser par du vent ».

Je ne sais pas si, dans la liste des professions citées dans le chapeau du papier, vous êtes le marketeur, le financier ou quelqu’autre, mais votre sens de l’optimisation des coûts doit certainement plaire à la direction achats de l’organisation pour laquelle vous bossez. Peut-être un peu moins au service des ressources humaines.

Peut-être aussi que personne n’a jusqu’ici pris le temps de vous expliquer qu’on n’achète pas des humains comme des boulons, un parc informatique ou du mobilier. Que même quand on achète une prestation intrinsèquement fondée sur le relationnel et très marquée par l’intuiti personae, comme du conseil, de la comm’ ou de la formation et dès lors que le service commandé met des humains en interaction, on passe nécessairement pas les « cases » de la rencontre, de la mise en confiance, du dialogue, de l’échange, de l’adaptation aux contextes et aux contraintes de chacun-e avant d’obtenir des « livrables ».

Et oui, toutes ces « cases » obligées représentent un « coût : c’est du temps (pas forcément de la perte de temps), c’est de l’énergie (pas forcément de la déperdition), c’est de l’écoute (pas forcément du bavardage), c’est de l’approfondissement et du retour sur soi, du questionnement et de la remise en cause de ses certitudes de départ.

Dans la colonne « rentrées », rien que « du vent », vraiment ?

Une fois dit cela, votre approche par les coûts et la rentabilité est-elle seulement pertinente ? (...)