L’élection présidentielle en Afghanistan est non seulement un test pour la stabilité du pays, mais aussi un moment clé pour les droits des femmes. A quelques mois du retrait des forces de l’OTAN tout reste encore à faire.
C’est un triste signal de plus, à la veille du début de l’élection présidentielle en Afghanistan. Une journaliste occidentale a été tuée, une autre grièvement blessée dans une attaque aux circonstances encore troubles. Les talibans ont promis de perturber le scrutin qui désignera le successeur de Hamid Karzaï, à la tête du pays depuis la chute des talibans en 2001 et qui ne peut briguer un troisième mandat.
Sous son règne la condition des femmes s’est améliorée en Afghanistan. En théorie. L’égalité des sexes est désormais inscrite dans la Constitution, les femmes sont à nouveau autorisées à travailler, les filles à aller à l’école et des femmes siègent au Parlement. Ces acquis restent toutefois bien fragiles. En début d’année encore, c’est sous la pression internationale que le gouvernement s’est résolu à revoir un projet de loi qui risquait d’entretenir le silence sur les violences faites aux femmes. (...)
La militante Najla Ayubi représente l’Afghanistan au sein de la fondation pour l’Asie. Elle l’affirme au Guardian, dans cette campagne les candidats se servent des femmes comme d’une « arme politique », pour récolter des votes, mais sans volonté réelle de changer les choses.
Il s’agit donc pour les militant-e-s de profiter de ce moment historique pour placer leurs pions, et faire en sorte que les droits des femmes ne soient pas les grands oubliés de ces élections.Parmi leurs requêtes ? Une plus grande représentation des femmes à des postes clés du gouvernement, mais aussi l’assurance que les droits des femmes ne passeront pas au second plan dans la quête désespérée du pays pour la paix. (...)
danger d’être une femme à un poste de responsabilité en Afghanistan. Nombre d’entre elles, ces derniers mois, sont tombées sous les balles des talibans. « Je ne compte même plus les menaces de mort que j’ai reçues » confirme Habiba Sarobi dans le journal pakistanais Dawn. Si elle compte par ailleurs sur les votes des jeunes urbains, le taux de vote des femmes dans les provinces s’annonce, lui, extrêmement faible, principalement en raison du manque d’éducation.