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Slate.fr
Pourquoi le concept de cette application de consentement sexuel est dangereux
Article mis en ligne le 8 décembre 2017

« CNCNT » propose de signer un « contrat sexuel » sur smartphone avant de coucher avec quelqu’un. Une sinistre fausse bonne idée.

(...) Le principe de l’application, baptisée « CNCNT » (acronyme de « consensual, contractrual and tested » qui se prononce « Consent ») : protéger les femmes des rapports sexuels non consentis via la signature d’une sorte de contrat virtuel. Un accord formel qui permettrait aux deux parties concernées d’attester officiellement de leur volonté de passer à l’acte. (...)

« J’appuie sur le bouton, elle appuie sur le bouton, et paf, c’est consensuel », résume Nick Cannon en riant.

Une application conçue par un homme, pour les hommes ?

Désireux de prouver la pertinence de son invention, le Californien se livre à une énumération d’exemples concrets. Premièrement, explique-t-il, l’application éviterait de devoir poser à l’homme ou à la femme que l’on fréquente toutes ces questions « embarrassantes » avant d’aller plus loin. Deuxièmement, et c’est là où le bât blesse, cela éviterait, assure-t-il, qu’« une fille aille ensuite raconter [à la police ou autre] qu’elle a été violée ». De quoi faire grincer des dents Bust :

« Initialement, Cannon affirme que l’app a pour objectif de protéger les femmes, mais au fur et à mesure de son interview, on comprend qu’elle va en réalité protéger les agresseurs sexuels. »
Fonder le consentement d’une relation sexuelle sur un questionnaire de smartphone est clairement problématique. « Tu peux spéculer sur ce que tu voudras faire avant de le faire, mais sur le moment, tu es susceptible de changer d’avis », souligne le magazine. C’est justement ce que se tuent à répéter les associations féministes depuis les innombrables révélations d’agressions sexuelles à Hollywood, puis dans toutes les sphères de la société.

Oui, une femme peut accepter de rejoindre un homme dans sa chambre d’hôtel (Cf Harvey Weinstein ou Tariq Ramadan) ; mais cela ne veut pas pour autant dire qu’elle lui laisse carte blanche. Le consentement peut être levé durant toute la durée du rapport sexuel. Si l’un des deux partenaires est mal à l’aise et refuse certaines pratiques, il ou elle doit pouvoir, à tout moment, l’interrompre.

Des victimes encore plus vulnérables

L’application CNCNT risque également de discréditer la parole des victimes de sévices sexuels. (...)