« Féminisme ». L’expression en soi semble attiser la controverse et la division.
Indépendamment de la diversité d’opinions existantes, il est indéniable que le féminisme a eu un impact sur la société. Plus précisément, les mouvements politiques féministes ont été liés de façon évidente à l’amélioration de l’égalité entre les sexes sur une grande quantité de problématiques et ce, partout sur la planète.
Pourtant, toutes les problématiques ne sont pas aussi importantes aux yeux des expertEs en égalité.
Considérons par exemple l’un des problèmes des plus urgents auquel doivent faire face les divers quartiers de l’Asie du Sud-Est.
Tim « Sharky » Ward est un proxénète Australien bien connu. Il vit à Pattaya en Thaïlande. Sharky se vante fièrement sur internet de ses exploits de proxénète abusant de jeunes filles et de femmes Thaïlandaises. Sharky ignore peut-être que plusieurs des êtres humains dans l’industrie du sexe Thaïlandaise sont en fait des femmes et des enfants issus de minorités ethniques délocalisées. De plus, des chercheurs Thaïlandais estiment que jusqu’à 40% de l’industrie du sexe est en réalité de l’exploitation sexuelle d’enfants. (...)
Nous pourrions nous attendre à ce que les fans de Sharky soient les plus gros losers de la planète. Cependant, Sharky serait étonné d’apprendre que ses plus grands fans sont, non pas des gros losers, mais des féministes néolibérales.
Quand il est question du problème du trafic sexuel d’enfants, le féminisme néolibéral est dans le déni. En fait, selon la plupart des travaux des féministes néolibérales pro-prostitution, le trafic sexuel serait surestimé – ou il n’existe simplement pas – du moins pas en Australie.
En effet, des groupes « féministes » australiens se voient accorder une quantité impressionnante de financement afin de promouvoir l’idée que le trafic sexuel est un non-problème. Apparemment, les femmes qui « travaillent » dans l’industrie du sexe, y compris celles issues des minorités ou fillettes, le font presque toujours par choix personnel, et non par manque d’alternatives.
Si l’on se fie à une conférence « féministe » fortement médiatisée récemment, l’exploitation sexuelle n’est pas problématique, mais attirer l’attention sur l’exploitation l’est. Durant cette conférence, la problématique de l’exploitation a complètement été évitée, et encore plus déplorable, un panel a mentionné qu’il est en quelque sorte raciste de dire que l’exploitation sexuelle toucherait davantage les minorités ethniques.
Que des millions d’enfants soient affectés par l’exploitation sexuelle semble être sans conséquences. L’idée étant rejetée par les féministes néolibérales comme étant une surenchère de pudibonderie.
Or, l’emphase mise sur les immenses conséquences de la prostitution ne peut pas être trop grand. Par exemple, à Manille, où la faim des enfants vivant dans la rue est palpable, 80 % du quartier « red light » de Angeles City appartient à des propriétaires Australiens. Les touristes sexuels occidentaux et les pédocriminels paient ici une prime supplémentaire pour obtenir des actes sexuels sans protection. L’existence de centaines d’enfants nés de pères Australiens clients de ces bordels a été bien documentée
Des féministes néolibérales et quelques défenseurs des droits de l’homme avancent que les femmes dans la pauvreté ont l’occasion d’améliorer leur situation en entrant dans le commerce du sexe. On sait au contraire que l’expansion de cette industrie enlise davantage de femmes dans le cycle de la violence et de la pauvreté. Au lieu d’ouvrir sur de nouvelles possibilités, les femmes prises dans cette industrie ont plutôt beaucoup plus de chances de mourir avant 40 ans, à cause des violences et des maladies qui les affectent.
Néanmoins, selon les philosophes de salon du monde moderne, cette situation serait avantageuse.. (...)
Dans le féminisme néolibéral australien, il semble de bon ton de discuter de la prostitution de luxe. Il est également acceptable de publiquement calomnier les femmes dont les opinions diffèrent, et même de les étiqueter de « salopes » pour leurs visions politiques. Il demeure tout de même inacceptable de faire des femmes et des filles exploitées une priorité…
C’est grâce à l’acharnement de ces féministes néolibérales que l’exploitation sexuelle des enfants a été renommée « enfants travailleurs sexuels / travail sexuel de mineurs » et que des gros proxénètes comme Sharky sont transformés en pauvres gérants à plaindre qui devraient avoir accès à plus de protection légale et à une meilleure visibilité médiatique ! (...)