Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Politis
Pour avoir quitté son mari violent, elle risque une expulsion
Article mis en ligne le 13 février 2014
dernière modification le 7 février 2014

Samia s’est mariée il y a trois ans avec un Français. Victime de violences conjugales, elle multiplie depuis un an les plaintes, toutes classées sans suite par le Procureur de la République malgré les témoignages et les certificats médicaux qui les accompagnent. Son mari la met à la porte, engage une procédure de divorce. Commence alors le parcours du combattant de cette jeune femme. Elle trouve un emploi en CDI, prend un appartement, tente de se reconstruire. Mais la préfecture du Gard ne l’entend pas ainsi.

« La loi française prévoit que le titre de séjour ne peut être renouvelé pour les conjoints étrangers de français s’il n’y a pas continuité de vie commune », explique Daniel Angot, de l’association Réseau éducation sans frontières du Gard. Si Samia est reconnue comme victime de violence conjugale, l’argument de la rupture de vie commune ne tient plus. Elle pourra donc rester sur le sol français.

« Le problème, c’est que la préfecture ne veut pas reconnaître ces violences. Elle n’a pas même attendu le mémoire de la déléguée départementale Droits des femmes, [qui devrait valider la thèse des violences dont Samia serait victime]. C’est pourtant la procédure dans le Gard », affirme Daniel Angot. (...)

L’audience de Samia a eu lieu jeudi après-midi. Le délibéré sera rendu dans une dizaine de jours.

Le tribunal administratif devra se prononcer sur la question suivante : applique-t-on la circulaire Valls de novembre 2012 qui autorise les préfectures à accorder aux ressortissantes algériennes la protection prévue pour les femmes étrangères victimes de violences conjugales ? Ou se borne t-on à suivre les accords franco-algériens obsolètes signés en 1968 qui ne prévoyaient pas ce cas de figure ?