(...) compte aujourd’hui 60 usines de recyclage en France et en Suisse, réalise 800 millions d’euros de chiffre d’affaires et compte 4000 collaborateurs. 52 nationalités différentes cohabitent dans l’entreprise et dans chaque usine sont affichées les valeurs de l’entreprise sur le vivre ensemble et le respect de la diversité des origines.
Ces valeurs sont sans cesse rappelées, lors de différents rendez-vous comme, dans certaines usines, des repas de fin d’année où ceux qui le souhaitent font découvrir aux autres la cuisine de leur pays d’origine. « Nous sommes fiers de notre diversité » dit le patron entouré de membres de sa direction et de représentants du personnel qui prouvent ses dires.
Même si, chez Paprec tout va bien, Jean-Luc Petithuguenin voit que la société se crispe autour des questions religieuses et n’ignore pas que le racisme est loin d’être un mauvais souvenir. Il veut avoir un temps d’avance et a réfléchi « à froid », avec son personnel à un engagement nouveau. Sa « charte de la laïcité et de la diversité » a été signée par l’ensemble des salariés au terme d’un processus d’information et d’échange en interne.
Créer une jurisprudence
Suffisant au regard du droit ? Pas sûr. La jurisprudence actuelle semble dire que le port des signes religieux ne peut être interdit que pour des considérations d’hygiène, de sécurité ou d’image de l’entreprise.
Mais le propre de la jurisprudence est de pouvoir évoluer et les dirigeants de Paprec prennent les risques qu’il faut pour y parvenir. « Personne ne peut avoir de certitudes sur ce sujet, je n’en ai pas non plus » reconnait Jean-Luc Petithuguenin.
C’est en citoyen engagé autant qu’en patron qu’il agit. « Je me sens en charge de la paix sociale » affirme-t-il. Il veut que les règles de laïcité qui s’appliquent dans le secteur public soient valables aussi dans le privé (...)