Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
le Huffington post
Olympe de Gouges au Panthéon ?
René Viénet Cinéaste et éditeur
Article mis en ligne le 24 mars 2013
dernière modification le 21 mars 2013

Le Panthéon est cette ancienne église où la République rend hommage aux "grands hommes auxquels la patrie est reconnaissante".

Il est bien connu que les femmes en sont absentes, et du coup on soupçonne que Marie Curie et Sophie Berthelot y furent admises comme conjointes plutôt qu’à titre personnel ! Pourquoi la République est-elle si peu reconnaissante aux femmes qui ont marqué notre histoire ?

Il est vrai que dans chaque assemblée municipale le buste en plâtre de Marianne a assisté, inerte et silencieux, à des délibérations dont les femmes furent exclues jusqu’en 1944 (alors que les Chinoises avaient le droit de vote depuis 1911).

2013-03-18-olympetribunal22.jpgL’endroit est tristounet et on me demande souvent pourquoi batailler pour faire admettre dans un endroit aussi lugubre une femme radieuse dont j’ai -en 2003- publié la meilleure biographie (par Olivier Blanc) : Marie-Olympe de Gouges. (...)

Je partage l’opinion -récente- de plusieurs féministes des deux sexes : Marie-Olympe de Gouges est la véritable et authentique Marianne de la République française. Hostile à la peine de mort et républicaine, elle se proposa pour défendre Louis Capet et lui épargner l’échafaud. Seule femme, sans doute, dans le "Club des amis des noirs", elle fit jouer par la Comédie-Française une pièce anti-esclavagiste. Elle proposa une réforme du mariage. Ses superbes affiches, collées dans les rues de Paris avec une audace rare pour l’époque, sont des chefs-d’œuvre méconnus (conservés aux Archives de l’Assemblée nationale) qui attendent d’être réédités.

Marie-Olympe fut le génial auteur du plus savoureux et significatif détournement d’un texte politique français : c’est en septembre 1791, le jour même où Louis XVI, encore roi des Français pour quelques mois, promulguait en préambule à la Constitution la "Déclaration des droits de l’homme et du citoyen", que Marie-Olympe de Gouges a publié son exemplaire et éloquente "Déclaration des droits de la femme...". (...)