Le projet de Bure, plus monstrueux des GPII (grands projets ineptes et imposés), n’a jamais fait l’unanimité. Pire, il voit au fur et à mesure se dresser contre lui quantité d’arguments de poids. Ce qui n’empêche pas les nucléophiles de s’y accrocher, pour se débarrasser des sidérants déchets radioactifs produits par cette industrie. Dernier épisode en date : ce jour.
Jetez Cigéo à la porte, il revient par le fenêtre, puis par la cheminée
Chacun se souvient des balbutiements de la loi Macron, fourre-tout où le 18 novembre dernier était découvert un article (le n° 72 sur 163) qui, sous prétexte d’emplois à la clé (certes, au vu du coût faramineux du projet) tentait un passage en force de cigéo. Du tollé général qui s’en est suivi (cf communiqué du Cedra) l’article disparaissait… pour revenir subrepticement par un amendement déposé par le député de Meuse Jean-Louis Dumont. Un ministre, un gouvernement retirent un point d’un projet de loi, un député, du même bord politique, le réinsère : cynique exemple de duplicité.
Face à cette entourloupe, le député Denis Baupin montait à la tribune jeudi dernier pour dire tout en intelligence ce qu’il fallait penser de l’irresponsabilité de l’enfouissement présenté comme « solution » aux déchets du nucléaire.
Et ce jour, nous apprenons dans les colonnes de L’Est Républicain que l’auteur de l’amendement, le député PS JL.Dumont, venait de retirer celui-ci. Par une illuminations subite ? Pas vraiment. Voici son explication :
« Mon amendement aurait obtenu une majorité mais cela aurait provoqué le vote contre la loi lors du vote final »
Cigéo, poubelle nucléaire de BURE, atomisant la loi, qui l’eût cru ?
Au-delà de cet anecdotique rebondissement se pose la question de fond : qu’est-ce qui guide vraiment nos élus parlementaires (députés et sénateurs) ? est-ce bien l’intérêt commun ? est-ce bien le sens des responsabilités ? est-ce bien l’éthique ?
Va-t-on encore longtemps se satisfaire de ces manques ?