
Stress, fatigue, arrêts maladie et départs... Les conditions de travail des salariés du secteur de l’asile ne cessent de se dégrader. Le désengagement de l’État se traduit par une mise en concurrence des opérateurs répondant à des appels d’offre aux budgets sous-évalués. Cette situation a des effets néfastes sur les conditions d’accueil des demandeurs et demandeuses d’asile. Dans une lettre ouverte, le Collectif Asile appelle à une réunion publique le 16 janvier à Paris pour échanger sur les réalités de terrain auxquelles les salariés sont confrontés et les revendications à porter pour améliorer la situation.
Nous, salarié(e)s du secteur de l’asile à Coallia et de France terre d’asile, avons décidé de ne plus rester passifs. Le constat que nous dressons de notre réalité quotidienne est accablant.
Pour relancer un système à bout de souffle, le gouvernement a modifié la législation relative à l’asile via une loi adoptée par le Parlement le 29 juillet 2015. Les nouvelles mesures visent à réguler l’accueil des demandeurs d’asile : raccourcissement des délais de procédure, création de places d’hébergement, prise en compte de la vulnérabilité, etc. Nous pensons qu’en dépit de ses bonnes intentions cette loi n’améliorera pas la situation des demandeurs d’asile.
Symbole du désengagement de l’État, la mise en concurrence des opérateurs entraîne une dégradation des conditions d’accueil et par conséquent de nos conditions de travail. Parce qu’ils ne peuvent pas ne pas en être, les opérateurs s’obligent à répondre à des appels d’offres aux budgets sous-évalués pour les missions à réaliser.
Avec le pré-accueil généralisé avant le passage au guichet unique, nous devons, à
effectif constant, recevoir un nombre plus important de demandeurs d’asile. Ce phénomène est accentué par l’accélération de la procédure (de 18 à 9 mois) et l’augmentation des cadences se fait à notre détriment comme à celui des bénéficiaires. La surcharge de travail entraîne stress, fatigue, arrêts maladie et départs. Le manque chronique de personnel nous oblige à être dans une polyvalence forcée au détriment du travail social. Nous nous transformons alors en robots exécutants contraints de s’adapter à de nouvelles directives, souvent incompatibles avec la réalité du terrain. (...)