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Euractiv
Les pays européens jouent au ping-pong avec les Afghans
Article mis en ligne le 6 octobre 2017

Ils arrivent en France après un long parcours en Europe : les Afghans sont de plus en plus ballottés entre pays qui tentent de les renvoyer, mettant « des milliers de personnes en danger de mort », dénoncent Amnesty International et la Cimade.

Entre 2015 et 2016, le nombre d’Afghans renvoyés dans leur pays par des États européens « a presque triplé, passant de 3 290 à 9 460 », souligne Amnesty dans son rapport Retour forcé vers l’insécurité. La France aurait, elle, expulsé 640 Afghans l’an dernier, selon la branche française de l’organisation.

Or, en Afghanistan, « 2016 a été une année record en termes de personnes civiles tuées et 2017 suit la même voie », soulignent les deux associations. (...)

Pour la Cimade et Amnesty, il est « urgent » de cesser ces transferts, rien ne garantissant que les autres pays ne renverront pas les migrants vers l’Afghanistan.

« Fortes pressions »

Pour les pouvoirs publics, il y a là un sujet compliqué. Les Afghans sont très nombreux dans les campements insalubres, notamment à Paris. « La majorité sont des dublinés », assure un bon connaisseur du dossier.

Et la demande d’asile afghane est forte en France : 5 700 dossiers (hors mineurs) l’an dernier, et 3 200 entre janvier et juillet 2017 selon l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides).

On est loin des niveaux de l’Allemagne, avec 127 000 demandes l’an dernier. Mais les chiffres ont chuté à 9 600 au premier semestre : Amnesty rappelle que Berlin a durci sa position avec 3 500 Afghans expulsés l’an dernier. Par ailleurs, l’asile est accordé à 50% des Afghans en Allemagne – contre 80% en France (et 57% en moyenne en Europe).

Début septembre, en promettant une loi sur l’immigration et l’asile, Emmanuel Macron avait donné l’Allemagne pour modèle. (...)

Transférer les « dubliné » est une procédure laborieuse, qui n’aboutit que dans 10% des cas environ. Mais les autorités françaises comptent intensifier leurs efforts, comme le montre la première mouture de cette loi, que l’AFP s’est procurée, avec un placement des « dublinés » en rétention tôt dans le processus. (...)