Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Crèpe Georgette
Les mythes, les idées reçues et les préjugés autour du viol
Article mis en ligne le 24 novembre 2014
dernière modification le 18 novembre 2014

Les mythes ou idées reçues autour du viol désignent les croyances entourant le crime en lui-même, les victimes et les coupables. On les définit par des attitudes et croyances fausses mais profondément et constamment entretenues servant à nier et à justifier le viol. Ces mythes, par des idées fausses répétées constamment, servent à décrédibiliser la personne violée et à excuser le violeur.

Etudions donc à présent ces mythes :

Mythe : Les femmes mentent et accusent des hommes de viol car elles regrettent une relation sexuelle ou veulent se venger

En parlant de de Samantha Geimer, jeune fille de 13 ans droguée et violée par Roman Polanski, Alain Finkielkraut souligna que "ce n’était pas une fillette, une petite fille, une enfant, au moment des faits" et Costa Gavras déclara qu’"elle en faisait 25".
En 2012, le républicain Roger Rivard souligna que "certaines femmes sont facilement violées" (voulant ainsi dire que certaines crient facilement au viol").
Dans une étude américaine de 2007 interrogeant des étudiantes d’une université du Midwest, les interviewées estimaient qu’environ 20% des accusations de viol étaient fausses. (...)

Mythe : les violeurs sont des inconnus dans une ruelle sombre avec un couteau

Beaucoup de gens ont du violeur l’image d’un inconnu avec un couteau qui agresserait la nuit dans une ruelle sombre ; il attaquerait violemment la victime qui se défendrait ce qui lui occasionnerait des blessures visibles. Une étude menée en 1997, faite auprès d’étudiantes en université montre qu’un certain nombre pense qu’il n’y a pas viol s’il n’y a pas de blessures physiques ou qu’aucune arme n’a été utilisée. On se souviendra également de la phrase d’Ivan Levaï "Un viol, c’est avec un couteau ou un pistolet" ou celle de Catherine Millet "tant qu’un homme n’est pas muni d’une arme, d’un couteau ou d’un revolver, une femme peut toujours se défendre".

Ces éléments sont absents de la plupart des viols commis. (...)

Mythe : les femmes habillées sexy l’ont bien cherché voire ont aimé cela

On prétend souvent que les femmes ont provoqué leur viol, qu’elles disent non tout en pensant le contraire ou qu’il faut forcer et pousser les femmes car elles aiment ça.
En 2009, le Daily Telegraph dut présenter des excuses publiques après avoir fait dire à une étude que les femmes qui sortent, boivent de l’alcool et s’habillent court risquent davantage d’être violées.
En 2013, Yi Yanyou, un professeur de droit chinois affirmait, après le viol collectif d’une serveuse, qu’il est moins grave de violer une serveuse qu’une "fille bien".

Un officier de police de Toronto Michael Sanguinetti déclara en 2011 que les femmes devraient éviter de s’habiller comme de salopes si elles ne voulaient pas être violées. (...)


Mythe : ce sont les jeunes et jolies femmes qui sont violées

Lorsque Nafissatou Diallo a déclaré avoir été violée, certains ont dit qu’elle était laide. Les accusés de Créteil ont également mis en avant le physique d’une des victimes lors du procès.
Les victimes sont de tout âge, tout milieu socioprofessionnel (...)

Mythe : on viole davantage dans certains milieux sociaux

Il est courant d’entendre qu’on violerait davantage dans les milieux populaires, particulièrement dans les banlieues dites "sensibles".

Selon l’enquête Contexte de la sexualité en France de 2006, il y a peu de différence selon la catégorie socioprofessionnelle avant 18 ans ; le pourcentage le plus élevé se rencontrant chez les filles de cadres. La fréquence après 18 ans varie de 6% à 10% selon la position sociale personnelle des femmes avec des chiffres un peu plus élevés chez les cadres et chez les artisanes-commerçantes. Les femmes violées existent donc dans toutes les catégories socioprofessionnelles. (...)

Mythe : seule une femme peut être violée

Une étude américaine de 2008 montre les préjugés auxquels sont soumis les officiers de police de 7 départements de police et 4 départements de sheriffs du sud des Etats-Unis. Ainsi seulement 66% d’entre eux croient que n’importe quel homme peut être violé et 48% croiront un homme qui viendrait porter plainte pour viol.
Selon l’enquête Contexte de la sexualité en France de 2006, 16% des femmes et 5% des hommes déclarent avoir subi des rapports forcés ou des tentatives de rapports forcés au cours de leur vie (6,8% des femmes déclarent des rapports forcés et 9,1%, des tentatives, et respectivement 1,5% et 3,0% des hommes).

Mythe : un mari ne peut pas violer sa femme

9% des hommes et 5% des femmes pensent qu’un mari qui utiliserait la force physique pour avoir un rapport sexuel ne commettrait pas un viol et 31% des hommes et 19% des femmes pensent que le non consentement des femmes ne constitue pas un viol. Dans un article de blog, Bruno Gollnish dénonçait l’existence du crime de viol conjugal. (...)

Les conséquences sur les victimes et sur les violeurs

Les victimes de viol correspondent rarement aux mythes autour du viol et, à cause de cela, subissent souvent des préjugés défavorables tant de la part de leurs proches que de la police et de la justice. (...)