Quelque 131 000 personnes se sont mobilisées un peu partout en France, mardi 19 mars, pour réclamer davantage de pouvoir d’achat et défendre les services publics lors d’une journée d’action organisée par la Confédération générale du travail (CGT) et Force ouvrière (FO), selon les chiffres annoncés par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, devant la commission des lois du Sénat.
Dans un communiqué, la CGT a de son côté estimé à « plus de 350 000 personnes » le nombre de manifestants. Ces derniers, dont de nombreux enseignants, entendaient faire entendre leurs revendications en particulier sur le pouvoir d’achat, quatre mois après le début du mouvement des « gilets jaunes ». (...)
Hausse du smic et des salaires en général, revalorisation des retraites, justice fiscale… les mots d’ordre étaient multiples pour cette mobilisation qui voulait « amplifier le mouvement social » et à laquelle ont aussi appelé Solidaires, la Fédération syndicale unitaire (FSU), l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) et l’Union nationale lycéenne (UNL). (...)
Grève très suivie par les enseignants
Les enseignants étaient nombreux parmi les manifestants, et la grève dans les écoles maternelles et élémentaires a été suivie par près d’un quart d’entre eux, selon les chiffres du ministère de l’éducation nationale. De son côté, le principal syndicat de l’enseignement primaire a recensé environ 40 % de grévistes. (...)
Parmi les critiques qu’adressent les enseignants au gouvernement : l’instruction obligatoire à 3 ans sans moyens supplémentaires, les évaluations au primaire ou le fait que les écoles seraient placées sous l’autorité d’un principal de collège.
Autre facteur de mobilisation, le projet de réforme de la fonction publique, qui prévoit notamment un recours accru aux contractuels, une plus grande individualisation de la rémunération, ainsi que des mesures pour « favoriser la mobilité » des agents, qui s’inscrivent dans l’objectif de réduction des effectifs de 120 000 postes d’ici à 2022. (...)
Trois jours après le saccage des Champs-Elysées, le déroulement de la manifestation parisienne était également suivi de près. Le premier ministre Edouard Philippe a annoncé lundi soir l’interdiction de manifester « chaque fois qu’il le faudra », dans les quartiers « les plus touchés », « dès lors que nous aurons connaissance d’éléments “ultras” et de leur volonté de casser ». « La violence est un aveu de faiblesse. Nous, nous appelons à manifester dans le calme », a réagi Yves Veyrier, (FO) dénonçant les « violences inadmissibles » de samedi.