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Marie-Claude Saliceti
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Les autorités grecques secourent 64 migrants coincés sur le fleuve Evros
Article mis en ligne le 22 avril 2022

Après plusieurs jours bloquées sur un îlot du fleuve Evros, à la frontière gréco-turque, 64 personnes ont été secourues par les autorités grecques. Selon ces dernières, elles avaient été laissées là par des passeurs. Les ONG saluent le sauvetage, mais dénoncent d’autres situations de détresse et les pratiques de refoulement qui les engendrent.

La police grecque affirme que les migrants avaient été localisés mercredi soir, après que les autorités grecques ont été informées de leur présence. Mais elle assure qu’ils ont refusé d’embarquer une première fois mercredi, avant d’accepter ce jeudi. La zone étant militarisée et inaccessible pour les médias et ONG, il est difficile de confirmer le déroulé des événements et de savoir qui sont exactement les personnes secourues.

On sait cependant que parmi elles se trouvait le groupe de 37 migrants, dont la situation avait fait l’objet de plusieurs interpellations d’ONG. La veille du sauvetage, Alarm Phone alertait encore sur leur situation : "Le niveau de la rivière monte et l’eau est en train de submerger l’îlot".

Le sauvetage intervient aussi après la saisine de la Cour européenne des droits de l’Hommes (CEDH) par le Conseil grec pour les réfugiés, une ONG. Ce type de recours permet d’imposer à l’État grec des mesures provisoires de protection des personnes bloquées. (...)

Toujours est-il que les ONG et collectifs reçoivent régulièrement des récits de migrants qui "arrivent sur le territoire grec, se font repérer, et refouler par les autorités sur ces petites îles dans la rivière", avait décrit Lorenz lors d’un précédent cas. La localisation de ces îlots, sur la ligne frontalière, permet aux deux États de se renvoyer chacun la responsabilité des exilés qui s’y trouvent.

Pas plus tard que le 17 avril, un groupe de 13 personnes aurait été refoulé par les gardes-frontières grecs vers la Turquie, selon Alarm Phone, après avoir été déposé dans un premier temps sur un îlot proche de la commune grecque de Marasia.

À la mi-mars également, un groupe de 30 Syriens était resté bloqué sur un îlot pendant près de cinq jours. Selon leurs témoignages, les autorités grecques elles-mêmes les auraient expulsés sur ce bout de terre. Durant cette opération de refoulement, un petit garçon de quatre ans s’était noyé. (...)

La CEDH a également été saisie, par le Conseil grec pour les réfugiés, du cas de ce groupe d’une quarantaine de personnes.