Esprit d’Angoulême es-tu là ? À Paris, 20 street artistes ont été sélectionnés pour créer des fresques dans chaque arrondissement. Combien de femmes ? Une. Pourquoi ? Parce « qu’on ne refait pas l’histoire ».
Paris moderne, vraiment ? En 2014, les Parisiens étaient invités à voter pour un projet de la Ville financé grâce au budget participatif. Résultat des courses, l’événement « Les œuvres d’art investissent la rue » est arrivé en tête. Un projet qui « prévoit d’accueillir dans l’espace public des interventions artistiques au bénéfice de tous les Parisiens ».
Tous mais apparemment pas toutes. Le projet nommé pour l’instant « 20 murs » prévoit en effet que dans chaque arrondissement de Paris soit créée une fresque de graffitis. « Enfin du Street Art dans Paris ! », se réjouissent certains. Dans ce cadre, le centre culturel Hip Hop La Place, à qui la Mairie a délégué la direction artistique, a choisi 20 noms de graffeur.e.s pour participer au projet.
Sur les 20 noms proposés, 10 ont été tirés au sort à l’Hôtel de Ville le 9 février : Hopare, 2shy, Shaka, Marko93, Da Cruz, Psyckoze, Alex, Zenoy, Astro et Lazoo. 10 noms de graffeurs reconnus, chacun ayant un arrondissement attribué à la suite du tirage au sort, pour ne pas créer de tensions entre les graffeurs habitués à un quartier ou un autre.
Le tirage au sort pour l’attribution des lieux aux 10 autres artistes sélectionnés sera effectué prochainement, la création de fresque nécessitant de grands murs, tous les emplacements n’ont pas encore été trouvés. « Le choix des murs s’est fait en arpentant Paris des journées entières, à la recherche DU mur pignon, celui qui serait à la hauteur de la fameuse liste d’artistes envisagée par La Place », a expliqué le centre culturel aux Nouvelles NEWS.
« On n’invente pas ce qui n’existe pas. On ne refait pas l’histoire »
Un beau projet sollicité par les Parisiens donc. Mais un hic, un gros hic. Sur les 20 artistes proposés par la Place, une seule graffeuse : Vinie, qui sera présente en mai pour la deuxième vague de création.
Une sélection à 95% masculine donc. (...)
Même si elle regrette qu’une seule graffeuse soit représentée, Kate salue la sélection d’artistes « confirmées dans la communauté graffiti, des ‘old school’ comme on dit ». Quant à Vinie, la seule femme sélectionnée, elle se dit tout de même « très fière » d’avoir été choisie parmi des graffeurs qu’elle admire. Niveau rôle modèle, on repassera. Même scénario qu’à Angoulême donc, mais sans le boycott nécessaire à une remise en question.