Sur quoi pouvons-nous fonder une nouvelle idée du "commun" qui échappe à la nostalgie et au consensus ? Telle est le point de départ qui motive une longue quête de la part des auteurs, laquelle aboutit à renouveler l’idée de révolution. —>
L’ouvrage est conséquent, 594 pages ! Mais l’ampleur de l’exploration est à la mesure d’une question qui ne saurait être traitée ni n’importe comment, ni sans détails, celle de refonder le "commun" au XXIe siècle dans une perspective d’émancipation, tout en rappelant que, contrairement à ce que beaucoup assènent, il n’y a pas de disposition originelle au commun au point qu’on pourrait y entrer de l’extérieur (par contrat ?), ni de disposition originelle du commun (une terre, une culture, une identité,...). Le "commun", de surcroît, est devenu la catégorie centrale de l’anticapitalisme contemporain. La militante indienne Vandana Shiva explique fort bien qu’il est urgent de se battre contre les privatisations de biens qui devraient demeurer "communs" : l’eau, la biodiversité, la culture, la santé, ... En somme, la catégorie de "commun" pourrait devenir une catégorie permettant de mettre en question le capitalisme, en échappant non moins à toute nostalgie du socialisme étatique, ainsi qu’à tout monopole d’Etat sur des services publics bureaucratisés. C’est dire si ce concept mérite les approfondissements cernés progressivement dans cet ouvrage, lesquels vont de précisions de vocabulaire, en recherches archéologiques sur l’usage du terme, de ces dernières à l’histoire et de l’histoire à la politique de l’avenir, en passant sans cesse par les luttes du moment : contre la privatisation de l’eau, la privatisation des perspectives écologiques, l’emprise des oligopoles et des Etats sur Internet, l’appropriation par le privé des espaces publics, la colonisation des savoirs,... (...)