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Le Royaume-Uni veut imposer la reconnaissance faciale aux migrants coupables d’infractions
Article mis en ligne le 11 août 2022

Le déploiement est prévu dès cet automne : des montres intelligentes dotées d’une technologie de reconnaissance faciale vont être imposées dans tout le pays aux personnes étrangères condamnées pour infraction pénale. Le Home Office (ministère de l’Intérieur britannique) et le ministère de la Justice se défendent de toute extension aux demandeurs d’asile. Mais les ONG s’en inquiètent, et pointent déjà les discriminations et atteintes aux droits qui pourraient être engendrées par une telle technologie.

Le Home Office, équivalent britannique du ministère de l’Intérieur, et le ministère de la Justice sont à l’origine de l’initiative. Budget initial : six millions de livres sterling (près de sept millions d’euros). Les ministères ont passé un contrat en mai avec l’entreprise Buddi Limited pour développer le produit. Si le contrat est public, le nombre d’appareils qui seront en circulation n’est pas connu.

Le Home Office prévoit d’imposer la reconnaissance faciale cinq fois par jour. Les photographies des visages seront couplées à des informations telles que les noms, dates de naissance et nationalités, et recoupées avec les bases de données du Home Office.

Toutes ces données pourront être stockées pour une durée de six ans, et permettront une géolocalisation "24h sur 24 et 7 jours sur 7" détaille The Guardian, qui a enquêté sur ce dossier. Elles seront partagées entre le Home Office, le ministère de la Justice et la police.

"Aucun autre pays en Europe n’a déployé cette technologie déshumanisante"

"La reconnaissance faciale est connue pour être une technologie imparfaite et dangereuse qui tend à discriminer les personnes de couleur et les communautés marginalisées", critique Lucie Audibert, responsable juridique de l’ONG Privacy International, interrogé par The Guardian. Également avocate, elle estime que ce type de technologies encourage "les violations des droits humains. Aucun autre pays en Europe n’a déployé cette technologie déshumanisante et invasive contre les migrants".

En outre, un tel système de surveillance n’est pas sans conséquences psychologiques sur les personnes concernées. (...)

Cette technologie de la reconnaissance faciale est étroitement liée à la mise en place du bracelet GPS, imposée à certains migrants depuis juin 2022. Ainsi, il est prévu que les personnes obligées de porter les montres intelligente soient "soumises aux mêmes conditions que celles équipées des balises GPS à la cheville", indique The Guardian. En particulier, le respect d’un couvre-feu, et l’interdiction de se déplacer dans certaines zones.

"Malgré le caractère massif et aveugle de cette surveillance, aucun contrôle judiciaire ou indépendant n’est prévu", s’inquiétait déjà au sujet des bracelets GPS l’ONG Privacy International.

Un projet en route depuis 2020 (...)