Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
France inter
Lacrymo, malaises, traques : des vidéos montrent la journée d’enfer de migrants expulsés à Saint-Denis
Article mis en ligne le 2 décembre 2020

Des associations de défense des migrants nous ont confié 73 vidéos réalisées le 17 novembre, lors de l’évacuation du campement de Saint-Denis. Grâce à ces vidéos, nous avons pu reconstituer 24 heures dans la vie de centaines d’exilés traqués par les forces de l’ordre lors d’une évacuation particulièrement confuse

Les images de l’évacuation violente du campement de migrants installé place de la République, lundi dernier, ont suscité l’indignation. Filmée par des journalistes, des avocats, des associations, cette évacuation a été très médiatisée. Mais d’autres évacuations (on en dénombre environ 70 depuis 2015) se déroulent beaucoup plus discrètement, sans image ou presque.

Place de la République, il y avait des migrants du camp de Saint-Denis, évacué une semaine plus tôt, le 17 novembre. Nous nous sommes intéressés à cette évacuation de près de 3000 migrants moins couverte par les médias. Nous avons décortiqué et authentifié 73 vidéos en lien avec cette évacuation pour raconter 24 heures dans la vie d’exilés évacués du camp où ils vivaient, pour certains d’entre eux, depuis plusieurs mois. Ces vidéos nous ont été fournies par les associations membres du Collectif Inter-orga (Watizat, Solidarité Migrants Wilson, Utopia 56, Médecins du Monde, Secours Catholique) qui les ont réunies pour appuyer leurs signalements à l’IGPN et au Défenseur des droits.

Que montrent ces vidéos ? Elles montrent un usage abondant de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre. À un moment ces gaz sont utilisés, en pleine journée et en toute connaissance de cause, contre des familles avec enfants. Ces vidéos montrent aussi à deux reprises des migrants tombés par terre, inconscients en raison manifestement des gaz lacrymo. Elles montrent enfin des policiers qui jouent au chat et à la souris avec les migrants pendant des heures, à la lisière de Paris. Dans cette "traque" confuse, des CRS n’hésitent pas à arrêter un bus de la RATP pour en faire descendre tous ceux qui, selon eux, ressemblent à des migrants. Grâce à ces images et aux témoignages que nous avons recueillis des exilés, bénévoles et journalistes présents sur place, nous allons vous raconter, heure par heure, la journée de ces exilés. (...)