Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
le Monde Diplomatique
Label bio, entre militantisme et consommation
Article mis en ligne le 26 mars 2013
dernière modification le 23 mars 2013

Si l’on entend par « bio » principalement l’agriculture biologique, sans engrais ni pesticides, ce mot désigne également par extension un projet de société nouvelle, plus égalitaire, écologique et soucieuse de fournir à chacun une alimentation saine et suffisante. Ce qu’il est convenu d’appeler « le » bio se soucie essentiellement du commerce de denrées biologiques, tandis que « la » bio prend également en considération les conditions de leur production.

Une analyse globale est nécessaire si l’on souhaite comprendre la bio et les débats qui l’agitent. On trouve dans l’essai de l’ingénieur agronome Marc Dufumier (1) une critique des systèmes de l’agriculture conventionnelle et de ses conséquences environnementales, ainsi qu’un examen des inégalités alimentaires qu’engendre le libre-échange agricole — un constat qui n’est pas sans rappeler celui de Jean Ziegler (2). Dans un second temps, l’auteur présente l’agroécologie, qui envisage toute production agricole dans son contexte écologique et politique. Il encourage « une pratique où la science et les savoirs ancestraux paysans se répondent » et invite à réorienter la recherche agronomique. (...)

(1) Marc Dufumier, Famine au Sud, malbouffe au Nord. Comment le bio peut nous sauver, Nil, Paris, 2012, 196 pages, 18,50 euros.

(2) Jean Ziegler, Destruction massive. Géopolitique de la faim, Seuil, Paris, 2011, 340 pages, 20,30 euros. Lire « Quand le riz devient un produit financier », Le Monde diplomatique, février 2012.

(3) François Desnoyers et Elise Moreau, Tout beau, tout bio ?, L’Aube, Paris, 2011, 224 pages, 16,20 euros.

(4) Philippe Baqué (sous la dir. de), La Bio entre business et projet de société, Agone, coll. « Contre-feux », Marseille, 2012, 432 pages, 22 euros.