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Slate.fr
La tentative désespérée des Démocrates américains pour protéger le droit à l’IVG
Article mis en ligne le 29 septembre 2021
dernière modification le 28 septembre 2021

Votée par la Chambre des représentants, la loi destinée à préserver la santé des femmes dans l’intégralité du pays ressemble à un baroud d’honneur, tant les impasses sont nombreuses.

Voté par 218 Démocrates (le texan Henry Cuellar, opposé à l’IVG, a voté contre), le texte vise à inscrire les acquis de la jurisprudence Roe v. Wade dans la loi fédérale. La réaction du pouvoir législatif fait suite aux nombreuses lois venant attaquer frontalement ladite jurisprudence Roe, notamment la désormais très impopulaire Senate Bill 8 texane. Cette dernière, en vigueur depuis le 1er septembre, permet à quiconque d’engager des poursuites contre toute personne ayant réalisé ou prêté concours à une IVG pratiquée au-delà de six semaines de gestation. Cette loi atypique est rapidement devenue une sorte de « cookbook » pour d’autres États républicains, qui, à l’image de la Floride, ont introduit des propositions similaires.

En dépit de l’espoir qu’incarne le texte porté par l’élue californienne Judy Chu, pour qui « le Congrès doit protéger les droits des femmes et les personnes enceintes quel que soit leur code postal, en mettant fin une fois pour toutes aux attaques contre l’avortement », ce dernier se heurte à une double difficulté. Tout d’abord, celle incarnée par le Sénat, où la majorité démocrate paraît bien trop étroite. Ensuite, même dans l’éventualité où le Sénat parviendrait à voter cette loi, son avenir reposerait alors entre les mains du pouvoir judiciaire. Tout semble indiquer qu’elle n’y survivrait pas. (...)

Dans une Amérique où le Parti républicain cristallise les ressentiments « pro-life » et anti-fédéralistes –la question de l’avortement doit être du ressort des États et non du gouvernement fédéral–, trouver dix voix républicaines tiendrait du miracle. Comble d’infortune, même dans l’éventualité où les Démocrates parviendraient à faire passer le texte, le pouvoir judiciaire viendrait irrémédiablement jouer les trouble-fête. (...)