En 2012, les inégalités se sont réduites en France, et le taux de pauvreté moyen a baissé, observe l’INSEE. Mais ce n’est pas pour de bonnes raisons. Les plus pauvres sont encore plus pauvres. Explications.
Les inégalités se sont réduites en France en 2012, note l’INSEE dans son enquête sur "les revenus en 2012", publiée mardi 9 septembre. C’est un changement de tendance après plusieurs années où l’écart entre les plus riches et les plus pauvres s’était creusé. En 2012, l’indice de Gini, marqueur des inégalités, baisse légèrement, à 0,303, après avoir atteint 0,306 en 2011, son pire niveau depuis les années 1980.
Mais l’explication n’est pas vraiment positive : si les inégalités se réduisent, c’est parce que les plus riches sont un peu moins riches. Surtout en raison d’un recul des revenus du patrimoine et des hausses d’impôts.
Les plus pauvres, eux, sont encore plus pauvres : pour les 10 % de personnes aux niveaux de vie les plus faibles, les revenus d’activité diminuent « dans un contexte de hausse du taux de chômage. » Ces 10% les plus modestes ont aussi été pénalisés par une baisse relative des prestations sociales, dont les montants ont évolué moins vite que l’inflation, souligne l’INSEE.
Autre évolution positive seulement à première vue : le taux de pauvreté a diminué en 2012. Mais ce n’est pas non plus pour de bonnes raisons. En France en 2012, ce sont 8,5 millions de personnes (13,9 % de la population), après 8,7 millions en 2011 (14,3 %), qui vivaient avec moins de 987 euros par mois - 60% du revenu médian. Mais ce n’est pas le signe d’un meilleur niveau de vie des plus pauvres. C’est parce que le niveau de vie médian de la population a diminué.
Plus du tiers des familles monoparentales sous le seuil de pauvreté (...)
l’INSEE constate que la pauvreté « s’accroît fortement » pour une catégorie de la population déjà particulièrement touchée : les mères actives de familles monoparentales. La part des familles monoparentales (dans une très grande majorité des femmes seules avec enfant-s-) dans la population pauvre est passée de 20,6 % en 2011 à 22,3 % en 2012. Plus du tiers de ces familles (36%) vivent en dessous du seuil de pauvreté.