Ce n’était encore jamais arrivé dans cette île nordique, considérée comme un protectorat pour la liberté d’expression. L’organisme chargé de gérer les domaines en .IS a procédé pour la première fois à la suspension d’un nom de domaine, pour mettre fin à un site qu’espérait exploiter l’Etat Islamique pour relayer sa communication.
Nous sommes encore très loin des milliers de noms de domaine saisis d’un seul coup aux Etats-Unis, mais la décision de l’Islande confirme la volonté croissante des gouvernements d’utiliser leur main-mise sur les noms de domaine pour réguler Internet de façon biaisée. L’AFP rapporte en effet que l’Islande a procédé pour la première fois de son histoire à la suspension d’un domaine en .is, l’extension attribuée au pays, pour fermer un site sans avoir à saisir ses serveurs ni à arrêter ses administrateurs.
En l’espèce, c’est le domaine khilafah.is, attribué à l’Etat Islamique, qui a été suspendu. "L’ISNIC a suspendu des noms de domaine qui étaient utilisés pour le site internet d’une organisation terroriste connue", a expliqué l’organisation islandaise chargée de gérer les domaines en .is.
En utilisant le .IS comme s’il était un diminutif de "l’islam", le domaine khilafah.is devait désigner le Califat Islamique dans l’esprit de l’organisation qui avait ouvert un site internet avec ce nom de domaine à la mi-septembre. Interrogé à la télévision publique, le directeur de l’ISNIC, Jens Petur Jensen, a expliqué que l’organisation serait désormais vigilante sur l’utilisation faite du .IS par des sites arabes.
Terrorisme et liberté d’expression (...)
en choisissant de suspendre un domaine utilisé pour une activité qui n’a pas été jugée illégale par la justice, mais qui est considérée telle quelle par le pouvoir politique, l’Islande s’inscrit de pleins pieds dans la guerre de propagande entre l’Etat Islamique et les Occidentaux. Il participe à la censure des groupes affiliés au califat autoproclamé, en estimant que c’était là un instrument nécessaire pour la victoire idéologique, qui doit accompagner la victoire militaire.
L’an dernier, l’Islande était parvenue en tête d’un classement des pays où les libertés sur Internet sont le mieux protégées.