Agit-on mieux le dos au mur, quand il n’y a plus d’échappatoire, quand tout bascule ? C’est la thèse défendue par certains courants écologistes : l’humanité aurait détruit son environnement au point de provoquer l’effondrement imminent de la biosphère. Il s’agirait dès lors de se préparer matériellement et spirituellement à vivre dans le monde d’après. Catastrophisme éclairé ou grande peur obscurantiste ?
Dérèglement climatique, extractivisme effréné, déforestation, érosion de la biodiversité, multiplication des catastrophes environnementales… L’accumulation de ces faits chaque jour mieux documentés par les scientifiques a fait émerger dans le débat public une préoccupation brûlante : sous l’effet de certaines activités humaines, des bouleversements imminents ou en cours conduisent à l’effondrement de la civilisation.
Certains partisans de cette thèse conçoivent la peur de l’apocalypse comme un catalyseur pour l’action ; d’autres prennent acte de l’indolence du personnel politique et pensent l’après-catastrophe. (...)
Dans les médias, l’appétence pour l’apocalypse est telle que France 2 a diffusé une anticipation de décembre 2029 dans son documentaire « Fin du monde : et si c’était sérieux ? » (20 juin 2019). (...)
« Je ne veux pas que vous soyez pleins d’espoir, je veux que vous paniquiez. Je veux que, chaque jour, vous ayez peur comme moi. Et puis je veux que vous agissiez », a déclaré l’écologiste suédoise Greta Thunberg, initiatrice des grèves étudiantes pour le climat, lors de l’édition 2019 du Forum économique mondial, à Davos. À défaut de provoquer un changement de cap radical chez les dirigeants économiques de la planète, le thème du cataclysme climatique fait le bonheur des libraires. (...)