Alors que le chômage bat des records avec 40 600 personnes privées d’emploi supplémentaires en un mois, la plus forte hausse depuis un an, l’idée d’augmenter la durée légale du travail frise l’absurdité. Dans une interview, réalisée avant sa nomination, le nouveau ministre de l’économie s’est pourtant déclaré favorable à la remise en cause des 35 heures !
"Nous pourrions autoriser, les entreprises et les branches, dans le cadre d’accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunération. C’est déjà possible pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre à toutes les entreprises, à condition qu’il y ait un accord majoritaire avec les salariés ?", déclare Emmanuel Macron à l’hebdomadaire Le point.
Selon le nouveau ministre de l’Economie, une telle mesure permettrait de "sortir de ce piège où l’accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas. Là où être socialiste consistait à étendre les droits formels des travailleurs, la réalité nous invite à réfléchir aux droits réels de tous, y compris et surtout de ceux qui n’ont pas d’emplois".
A travers cette affirmation, on perçoit clairement le fait que le nouveau ministre de l’économie n’est guère féru de macro économie : comment en effet créer des emplois en réduisant le pouvoir d’achat et le temps libre de ceux qui travaillent ? On imagine mal que sans perspective d’une demande accrue, les patrons embauchent... pour produire quoi ?
En revanche, en tant qu’ancien banquier, Emmanuel Macron a une vision claire de la manière d’augmenter, à court terme, les résultats financiers des entreprises. Revenir sur l’avancée sociale de gauche qu’a été l’instauration du temps légal de travail hebdomadaire à 35 h c’est diminuer mécaniquement la rémunération du travail, et donc augmenter encore la proportion de rémunération allant au capital et généreusement distribuée aux actionnaires... Ce joli tour de passe passe pudiquement nommé "croissance interne" est très en vogue dans les grandes entreprises et cela, le grand ami de finance qu’est Emmanuel Macron l’a bien compris ! (...)