Mariette Julien est docteure en communication et professeure à l’École supérieure de mode de Montréal (UQAM). Spécialiste de l’hypersexualisation, de l’apparence, des tendances corporelles et de la publicité, elle a publié (avec Michel Dion) une Éthique de la mode féminine (PUF, 2010). Elle prononcera une conférence sur le thème « le look, un défi de communication » au prochain Déjeuner des médias, au Capitole de Québec, le 27 novembre.
(...) Je crois que l’idéal du modèle corporel qui domine encore actuellement remonte à la pin-up, à ces images à épingler de femmes photographiées ou dessinées dans des poses sexy. La barbie aussi est une pin-up. (...)
L’idée de l’attractivité sexuelle volontaire est nouvelle. L’idée d’une femme qui montre qu’elle aime la sexualité aussi. C’est cela qu’exprime l’allure pin-up. Elle annonce aux autres que cette femme est en disponibilité sexuelle. La beauté féminine a d’ailleurs beaucoup changé au cours des dernières années. Les femmes ne se contentent plus d’être belles. Une belle femme, tout simplement, n’est pas vraiment attrayante en ce moment. On ne la remarque à peu près pas. Elle doit en plus jouer de cette attractivité sexuelle. Elle doit être regardée, remarquée, admirée. Elle veut séduire et elle doit provoquer.
La provocation peut aussi servir à dénoncer le sexisme, en tout cas c’est ce que prétendent les Femens ou les Pussy Riots. Il y a donc des pinups critiques en série ? (...)