Aux côtés de plus de soixante autres médias (web, presse, audiovisuel), Acrimed est membre de la Coordination permanente des médias libres depuis sa création au printemps 2014.
Comme affiché sur son site, cette coordination réunit des médias résolus à faire exister un « tiers-secteur » qui « ne se reconnaît ni dans l’audiovisuel public ni dans des médias privés à vocation commerciale ». Parce que cette plateforme existe depuis maintenant trois ans, il nous a semblé important de revenir sur les raisons de son existence et sur ses revendications.
Acrimed se bat pour refaire des médias la question politique et démocratique qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, de façon à garantir une information libre et pluraliste. Un sujet absolument transversal puisque tout le champ social – et les sujets qui le traversent – sont affectés par leur traitement médiatique.
Une critique en actes des médias dominants
Parmi les mesures par lesquelles passerait la nécessaire transformation démocratique du paysage médiatique [1], soutenir les médias libres est très important. Des « médias libres » que leur coordination définit comme « n’étant ni des médias publics d’État, ni des médias privés à but commercial, revendiquant comme valeurs communes la justice, l’égalité, la lutte contre toutes les formes de discrimination et de domination ». (...)
ces médias sont très fragiles : ils rencontrent des difficultés d’accès à l’information, souffrent d’un déficit de reconnaissance juridique et, bien sûr, manquent de ressources financières. Dès lors, celles et ceux qui les réalisent font face à une grande instabilité qui les empêche d’exercer leur métier dans de conditions décentes.
Plusieurs initiatives visant à coordonner ces différents médias ont été prises, avec plus ou moins de succès depuis les « Rencontres de Marseille des Médias associatifs et indépendants », en mai 2006 et l’Appel dit des « Médias du Tiers Secteur ». Pour se regrouper dans la durée afin de constituer un front de lutte permanent, en particulier face au ministère de la Culture, 24 médias ont fondé, en mai 2014 à Meymac (Corrèze), la Coordination Permanente des Médias libres (CPML), qui compte aujourd’hui 60 membres. (...)
La CPML tente de faire vivre une alternative aux médias dominants et nous ne pouvons qu’applaudir à cette phrase de l’appel adopté lors de sa fondation : « Nous voulons rester libres, ne pas crever de dire d’autres vérités, mais ne pas crever surtout de nous être tus ».