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L’illégitimité de la dette est encore plus criante lorsqu’on est une femme !
Article mis en ligne le 13 avril 2014
dernière modification le 10 avril 2014

La dette et les mesures d’austérité ne sont nullement neutres du point de vue du genre. Toute analyse quelque peu approfondie de la crise de la dette démontre sans ambiguïté qu’elle est sexuée tant dans ses caractéristiques que dans ses effets. De fait, elle touche les populations les plus fragilisées, les plus précaires et donc encore malheureusement majoritairement les femmes, et plus particulièrement celles qui sont les plus vulnérables (les mères célibataires, les femmes jeunes, âgées, migrantes, les femmes provenant d’une minorité ethnique, du milieu rural…). Privatisations, libéralisations, restrictions budgétaires au menu de l’austérité sabrent les acquis sociaux des femmes, accentuent leur pauvreté, durcissent et aggravent les inégalités entre les sexes.

Des pertes d’emplois et de revenus nets pour les femmes

La fonction publique est dans la ligne de mire directe de l’Europe austéritaire. Suppression d’emplois publics, gel et/ou diminution des salaires des fonctionnaires constituent les variables d’ajustement favorites des politiques imposées au nom de la gestion de la dette. Or, comme au sein de l’Union européenne 69,2% |1| des travailleurs de la fonction publique sont des femmes, ces mesures ont un effet disproportionné sur leur emploi et revenus |2|. De plus, au vu des bonnes conditions de travail généralement en cours dans le secteur public, incluant congés-payés, possibilités de conciliation entre vie privée et vie professionnelle et des salaires féminins supérieurs à ceux pratiqués dans le privé, on mesure à quel point les coupes drastiques appliquées à la fonction publique sont synonymes pour les femmes de précarisation de leur emploi et de pertes salariales sèches |3|. (...)

Des pensions toujours plus faibles pour les femmes

La retraite est un facteur d’inégalité hommes-femmes. En Europe, les retraitées touchent en moyenne 39% |5| de moins que leurs homologues masculins. (...) Les retraitées deviennent inexorablement l’un des groupes les plus exposés au risque de pauvreté. Pas moins de 22% |6| d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté au sein de l’Union européenne. Alors qu’elles ont travaillé toute leur vie, certaines d’entre elles vivent l’enfer d’une vieillesse démunie. (...)

Les femmes au cœur de la destruction de la protection sociale

Partout en Europe, au nom des économies à réaliser pour gérer la « crise de la dette », les budgets de protection sociale subissent des restrictions draconiennes : diminutions des allocations de chômage, des allocations sociales, des aides aux familles, des allocations de maternité, des prestations aux personnes dépendantes, etc. Ces coupes affectent particulièrement les femmes dans la mesure où parce qu’elles assument encore le rôle de responsables principales de la famille et sont souvent précaires financièrement, elles sont plus dépendantes des allocations sociales que les hommes. Du fait que les prestations et allocations sociales constituent une part non négligeable du revenu des femmes en comparaison avec les hommes |7|, ce sont elles qui sentent le plus douloureusement les effets de leur diminution dans leur vie de tous les jours. Les groupes les plus vulnérables sont les mères célibataires, les femmes âgées et les migrantes. (...)


De l’État social à la « Mère sociale »

L’austérité est une attaque en règle contre les services publics : services sociaux, santé, éducation, énergie, transports, infrastructures… Tout y passe ! Tous sont réduits, supprimés ou leurs frais d’utilisation augmentent considérablement. Or, les femmes sont les premières usagères de ces services. Leur participation au marché du travail dépend de services à l’enfance accessibles, elles ont plus recours aux services de santé pour elles-mêmes (cf. soins gynécologiques, liés à la grossesse, à la maternité mais aussi à un temps de vie plus long…) ou pour leurs proches, elles utilisent plus les transports publics, etc. Des services collectifs de qualité, en nombre suffisant et abordables financièrement, constituent des leviers incontournables de l’égalité des sexes, de l’autonomie financière des femmes et, à terme, de leur émancipation. La destruction des services publics génère une véritable substitution des obligations fondamentales de l’État vers le privé et donc vers les femmes. (...)

Le travail à temps partiel des femmes augmente

Dans tous les pays européens soumis à l’austérité la plus exacerbée, le taux de travail partiel des femmes a augmenté (voir le tableau ci-dessous). Comme la perte de services publics est synonyme d’augmentation du travail domestique et de soins des femmes (...)