Nouvelle contribution dans le débat sur l’écriture inclusive, qui propose de laisser une plus large place au féminin dans l’écriture en féminisant les noms de métiers, en évitant la prévalence du masculin ou encore en utilisant des points médians pour faire apparaître les différents accords d’un nom. La Fédération des Aveugles de France indique ainsi que l’écriture inclusive « revient à faire naître une langue illisible, incompréhensible en particulier par ceux qui éprouvent quelques difficultés avec cette même langue ».
Dans un communiqué, la Fédération des Aveugles de France indique : « Vouloir à tout prix dans une même phrase faire référence aux deux genres revient à faire naître une langue illisible, incompréhensible en particulier par ceux qui éprouvent quelques difficultés avec cette même langue, les dyslexiques par exemple. Pour nous personnes aveugles, cette soi-disant langue inclusive est proprement indéchiffrable par nos lecteurs d’écrans. »
La FaF fait visiblement référence à l’utilisation des points médians pour faire apparaître les différentes formes d’un nom, par exemple artisan·e·s ou agriculteur·rice·s. Cette proposition faite dans le cadre d’une écriture inclusive, est sans doute la plus clivante, mais aussi celle qui est le plus souvent mise en avant par ses détracteurs. Dans un sondage Harris Interactive, on découvrait en effet que 3 Français sur 4 étaient favorables à l’écriture inclusive, sauf que la présentation du sondeur omettait les points médians.
À l’inverse, le message de la Fédération des Aveugles de France semble se focaliser sur ces points médians, au détriment des autres propositions de l’écriture inclusive. « [F]aire de la question de la construction de la langue un sujet qui aurait rapport avec une quelconque discrimination sexuelle, c’est là faire preuve d’une inculture incroyable et de confusion redoutable », tranche Vincent Michel, le président de la Fédération. (...)
La Fédération reste toutefois en deçà du communiqué alarmiste de l’Académie française, qui voyait dans l’écriture inclusive « un péril mortel » pour la langue française. (...)
Sur France Inter, la ministre de la Culture Françoise Nyssen s’était elle aussi opposée à l’écriture inclusive sur la seule base des points médians, en évoquant les problématiques liées à la dyslexie. (...)