Cour suprême indienne a interdit mardi le divorce par répudiation express de la femme autorisé dans la communauté musulmane, une décision emblématique qui touche au coeur de la conception de la laïcité du pays.
Le "triple talaq" était l’un des sujets de société les plus débattus de ces dernières années en Inde, touchant à des enjeux publics capitaux comme la liberté de culte et les limites de l’immixtion de l’État dans la vie des minorités religieuses.
Selon cette pratique jusqu’ici acceptée dans le pays, il suffisait à un musulman de prononcer trois fois de suite le mot "je divorce" ("talaq, talaq, talaq") pour répudier sa femme. Une pratique désormais déclarée illégale par la plus haute instance judiciaire de la nation.
"Le triple talaq enfreint le Coran et la charia. Il ne fait pas partie des pratiques religieuses et va à l’encontre de la moralité constitutionnelle", a déclaré un panel de cinq juges des principales religions d’Inde - hindouisme, islam, christianisme, sikhisme et zoroastrisme - qui l’a jugé inconstitutionnel par trois voix contre deux.
La cour s’est prononcée uniquement sur le divorce à caractère instantané, appelé "talaq-e-biddat", et non sur les autres formes de répudiation qui s’étalent sur des temps plus longs. (...)