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Marie-Claude Saliceti
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Le Monde
L’Académie des sciences tourne la page du climatoscepticisme
Article mis en ligne le 31 janvier 2020

L’institution pluricentenaire, longtemps divisée, organise pour la première fois un colloque ouvert au grand public sur le changement climatique.

Une climatologue qui décrit les bouleversements climatiques en cours devant un public captivé réuni à l’Académie des sciences. La scène pourrait paraître des plus naturelles. Elle est en réalité tout sauf banale : la société savante a été le théâtre, jusqu’à il y a quelques années, d’un affrontement entre climatosceptiques et tenants du consensus scientifique qui a empêché toute position engagée contre le dérèglement climatique. Le colloque « Face au changement climatique, le champ des possibles », qui se tient mardi 28 et mercredi 29 janvier à Paris, est ainsi le premier organisé sur le climat par l’institution pluricentenaire en présence du grand public. Un acte symbolique, qui met fin à un passé devenu pesant. (...)

« Face à la crise climatique et environnementale, il est nous apparu important de faire une analyse rigoureuse de ce qui se passe et de ce qu’on peut faire, de débattre des solutions possibles avec le grand public et les politiques », explique le physicien et académicien Sébastien Balibar, l’un des trois organisateurs du colloque. « L’idée de ce colloque, c’est aussi de repositionner l’Académie là où elle doit être, comme un lieu de réflexion sur le climat », complète le climatologue Hervé Le Treut, également co-organisateur et académicien.
« Paralysée »

Une mission à laquelle se sont employés près de 25 intervenants (...)

« Chaque degré de réchauffement compte, chaque année compte et chaque choix compte », ont conclu plusieurs intervenants, dont la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte. (...)

« l’Académie a été paralysée, sur le sujet climatique, par un petit groupe de climatosceptiques menés par le géochimiste Claude Allègre et le géophysicien Vincent Courtillot », rappelle un académicien. « Ils bloquaient les débats sur le sujet, ainsi que l’élection de certains climatologues à l’Académie. » L’ancien ministre Claude Allègre était alors « protégé » par certains membres du bureau de l’Académie des sciences, « qui le laissaient librement s’exprimer », poursuit l’académicien. Plusieurs membres du bureau de l’institution appartenaient à la Fondation Ecologie d’avenir, créée par Claude Allègre et abritée par l’Institut de France, qui regroupe toutes les académies.