Version 1 : une élève de 3ème exclue à cause de la longueur de sa jupe.
Version 2 : elle faisait du prosélytisme, le collège veut dialoguer avec la famille.
Polémique. Une constante : l’instrumentalisation des femmes.
Un peu plus d’un mois après une polémique sans queue ni tête sur le voile à l’université voici une nouvelle occasion de s’étriper en instrumentalisant les filles.
Acte 1 : le quotidien régional L’Ardennais affirme le 28 avril que « Sarah K., 15 ans, élève de 3 e , s’est vu refuser l’accès au collège Léo-Lagrange, à la Ronde Couture, les 16 et 25 avril ». « Ses parents sont furax » attaque le journal… Qui considère que la direction du collège a estimé que« sa jupe noire, jugée « trop longue », ne respectait pas la loi sur la laïcité à l’école ». Il n’en faut pas plus pour que les journaux et la Toile s’emballent. (...)
Acte 2 : publication d’un communiqué intitulé « l’académie de Reims n’a pas exclu d’élève pour manifestation ostensible d’une appartenance religieuse » et explique que d’autres incidents ont eu lieu et que le collège a voulu dialoguer avec les parents pour que l’élève change d’attitude mais ne l’a pas exclue. Sur RTL le 30 avril, la ministre de l’Education, Najat Vallaud Belkacem a repris l’argumentaire : « aucune élève ne peut être exclue et n’a été exclue en raison de la longueur ou de la couleur de sa jupe. » Ce qui était en cause était « le caractère prosélyte non pas de la tenue mais de l’attitude de l’élève. Il a été jugé qu’il y avait du prosélytisme de la part de l’élève. Ce n’est pas une exclusion mais un dialogue avec la famille. » (...)
Au milieu des polémiques, ce nouvel épisode a été un prétexte pour tirer un signal d’alarme autour de l’instrumentalisation des tenues des femmes avec le mot dièse #JePorteMaJupeCommeJeVeux. Quoi qu’elles portent, elles ont tort. Jupe trop courte, elles cherchent le viol ; trop longues, elles peuvent être suspectées de provoquer en utilisant la robe pour remplacer le voile interdit ; trop stricte, elles sont coincées… Un pantalon alors ? Pas assez féminin… Et dans tous les cas, c’est le regard des hommes qui définit les femmes.
En plus de devoir se soumettre à ces injonctions contradictoires, les voici instrumentalisées pour permettre à certains partis politiques de raffler les voix du FN, à d’autres celles d’une certaine gauche.