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Italie : les arrivées de migrants toujours plus nombreuses sur "la nouvelle route" calabraise
Article mis en ligne le 17 août 2022

De nombreux migrants désireux de rejoindre l’Union européenne optent désormais pour la route calabraise, qui mène des côtes turques à l’extrême-sud de l’Italie. Mais cette traversée à bord de voiliers, souvent qualifiée de "traversée de première classe", reste en réalité très dangereuse pour les exilés.

Cet été, les côtes italiennes ont vu débarquer chaque jour ou presque des exilés. Si la plupart des arrivées se concentrent sur les îles de Lampedusa ou de la Sicile, de nombreuses personnes posent aussi le pied dans l’extrême-sud du pays, en Calabre. Dans la soirée du mardi 16 août, un bateau de pêche avec 490 migrants à bord a été secouru dans la mer Ionienne par les garde-côtes, au large de la ville de Roccella Ionica.

Deux opérations de sauvetage ont été nécessaires pour secourir les passagers, en provenance de Libye : la première a permis de transférer 240 migrants au port de Roccella Ionica, la seconde, les 250 restants à Messine, en Sicile.

Entre vendredi 12 et samedi 13 août, 660 autres personnes ont été secourues dans la même zone. Les passagers, originaires d’Afghanistan, d’Iran, de Syrie et d’Égypte, avaient, eux, quitté les côtes turques entre le 7 et le 8 août, indique Rai News. Une fois débarqués sur la terre ferme, ils ont été emmenés au centre d’accueil d’Isola Capo Rizzuto, dans la région de Crotone.

"Un nouveau Lampedusa"

La situation a poussé, mi-juillet, Médecins sans frontières (MSF) à constituer pour la première fois une équipe d’urgence à Roccella Ionica. Composée de médecins, d’infirmiers, de psychologues et de médiateurs interculturels, celle-ci est postée dans une clinique à l’extérieur du port, à quelques mètres d’un centre géré par la Croix-Rouge italienne.

Bien que certains bateaux en provenance de Libye soient parfois secourus, d’après Giovanni Perna, chef de projet MSF dans la ville, "une nouvelle route s’est véritablement ouverte depuis la Turquie". "La plupart des migrants arrivés sont des Syriens et des Afghans, explique-t-il au journal L’Espresso. Mais il y a aussi des Irakiens, des Libanais […] des Bangladais et quelques Égyptiens."

"Nous nous tenons toujours prêts, car ces derniers temps, les moments d’accalmie ne dépassent pas deux heures", assure pour sa part Concetta Giuffré, coordinatrice de la Croix-Rouge locale. (...)

Sept jours de navigation

Les embarcations qui empruntent cette route depuis les côtes turques sont essentiellement des voiliers. D’après les témoignages recueillis par la Croix-Rouge, certains migrants embarqueraient d’abord sur ces bateaux avant d’être transférés - en cours de route - par groupe d’une cinquantaine de personnes sur des embarcations plus petites, en bois ou pneumatiques. (...)