Cinq ressortissants égyptiens ont été arrêtés après le sauvetage d’un bateau de pêche, transportant 674 personnes, qu’ils avaient dirigé de la Libye jusqu’en Italie. Ils sont accusés par la justice italienne de la mort, par déshydratation, de cinq migrants à bord. Dans le bateau, ils avaient mis en place un "rationnement en eau et en nourriture". (...)
Le procureur les accuse d’aide et d’encouragement à l’immigration clandestine, et leur incombe la responsabilité des décès, indique le journal italien Today.
L’embarcation avait été secourue samedi par un navire marchand au large de la Calabre, à l’extrême sud de la botte italienne. Trois patrouilleurs des garde-côtes et une unité de la police financière avaient été nécessaires pour cette opération de grande envergure. Certaines personnes avaient d’ailleurs été "récupérées directement dans l’eau", d’après un communiqué des autorités. Il était en revanche trop tard pour cinq passagers, retrouvés morts dans le bateau par les garde-côtes. (...)
Un premier groupe de 179 migrants, ainsi que les corps des victimes, ont été transférés lundi matin au port de Messine, en Sicile. C’est là que les témoignages des survivants ont été recueillis, et ont fait la lumière sur les évènements.
Battus avec des bâtons et des sangles
Selon la parole des rescapés, les 674 passagers du bateau ont d’abord passé un mois dans une "maison de liaison" sur la côte libyenne. Puis ils ont embarqué le soir du 19 juillet. "Au cours de la traversée, les membres d’équipage ont brusquement coupé les moteurs et ont appelé à l’aide avec un engin satellite, dont ils se sont ensuite débarrassés en le jetant à la mer", raconte Today.
S’en sont suivis des jours et des nuits très difficiles, durant lesquelles "les ressources en eau et en nourriture ont été inhumainement rationnées, au point que les migrants ont été contraints de partager une tasse de café pleine d’eau pour 10 personnes", affirme le procureur de Messine.
Les exilés ont aussi raconté avoir été battus à bord avec des bâtons et des sangles, lorsqu’ils demandaient des vivres. Les membres de l’équipage du bateau de pêche avaient d’ailleurs confié à un des passagers la tâche de gérer et de rationner l’approvisionnement en eau potable. Lorsqu’il refusait de le faire, il était violemment frappé.
La chaleur accablante et le manque de plus en plus cruel d’eau potable a poussé certains d’entre eux à boire l’eau salée de la mer.
Cinq personnes, totalement déshydratées, n’ont pas survécu à cette traversée cauchemardesque. (...)