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IVG en Espagne et en Europe : retour en arrière
Article mis en ligne le 3 janvier 2014

L’Espagne fait un bond en arrière sur l’avortement et veut entraîner l’Europe. La résistance s’organise.

(...) depuis que le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy est aux commandes, c’est marche-arrière. Sur l’avortement, il est sur le point de mettre en œuvre ses funestes promesses de campagne (voir : "Recul sociétal" en Espagne sur l’IVG). Une loi, votée en 2010 autorisait l’avortement jusqu’à la quatorzième semaine de grossesse sans condition de motif. Un avant-projet de la loi adopté par le Conseil des ministres le 20 décembre dernier restreint l’avortement à deux cas : s’il y a eu viol et si la santé physique ou psychique de la mère est menacée. La santé psychique devant être appréciée par deux médecins différents. Même le cas de malformation du fœtus est exclu du droit à l’avortement. Ce projet de loi doit être bientôt soumis au Parlement où il a de fortes chances d’être adopté, le Parti populaire au pouvoir ayant la majorité.

Extension à l’Europe ?

Et le gouvernement espagnol n’entend pas en rester là. Le ministre espagnol de la justice, Alberto Ruiz-Gallardon, a annoncé qu’il se rendrait à Bruxelles en février pour expliquer le texte. Il estime, dans un entretien au quotidien monarchiste ABC du 27 décembre : « Nous avons fait la première loi qui reflète l’opinion majoritaire des citoyens européens »... Il est persuadé que son « initiative aura des prolongements dans les Parlements d’autres pays européens. » (...)

La mobilisation s’organise donc, en solidarité avec l’opposition espagnole et pour prévenir d’autres reculades en Europe. En France, une manifestation organisée par plusieurs associations a eu lieu devant l’ambassade d’Espagne le 27 décembre à Paris, manifestation à laquelle le PS s’est rallié. « Il est clair que si la droite espagnole s’obstine, les droits des femmes deviendront un sujet majeur des futures élections européennes » préviennent Laurence Rossignol, porte-parole du Parti socialiste et Adeline Hazan, secrétaire nationale aux Droits des femmes dans un communiqué.

Dans une tribune, Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’Osez Le Féminisme rappelle qu’en « 2008, les féministes européennes avaient proposé que soit instaurée une "clause de l’européenne la plus favorisée", c’est à dire que dans toute l’Europe les citoyennes puissent bénéficier de la législation nationale la plus avantageuse. »

Dans une autre tribune, Annie Sugier, Présidente de la ligue du droit international des femmes en appelle à une harmonisation européenne. (...)

En attendant de plus vastes mobilisations, sur Facebook, Osez le féminisme invite les internautes à poster des photos « plus jamais ça » avec cintres et aiguilles à tricoter parce que « Les cintres, comme les aiguilles à tricoter font partie des méthodes extrêmement dangereuses que les femmes utilisent pour avorter dans les pays dans lesquels l’avortement est illégal. »

Le 9 janvier, une réunion unitaire est prévue à la Bourse du travail pour mettre en place d’autres actions.