Alors que la date butoir de 2015 pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement « OMD » approche, des réflexions sont en cours pour l’élaboration de l’Agenda International du Développement : la stratégie post-2015.
Au sein, des OMD, le genre était concentré dans l’OMD 3 : « Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ». La question du Genre a donc été traitée de façon sectorielle durant la stratégie des OMD, quel bilan peut-on tirer de cette approche ?
Doit-on favoriser une approche transversale de la thématique du Genre pour l’Agenda International du Développement ?
De plus, l’OMD 3 ainsi que ses indicateurs (Rapport filles/garçons dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur ; Proportion des femmes salariées dans le secteur non agricole ; Proportion des sièges occupés par les femmes au parlement national) a-t-il inclus toutes les problématiques, et notamment qualitatives, liées au Genre ?
La question du Genre constitue-t-elle une thématique à part dans le Développement ou bien en est-elle une condition indispensable ? (...)
« Partout, les femmes sont les plus pauvres parmi les pauvres. Elles subissent les inégalités salariales, la charge du travail non rémunéré et d’emplois mal valorisés socialement et financièrement... » (...)
Concernant la gestion durable des ressources naturelles, « il y a une difficulté réelle d’accès à la propriété foncière. Les femmes travaillent sur des lopins de terre qui ne leur appartiennent pas. Mais on constate tout de même de plus en plus d’initiatives de coopératives, qui sont un levier très important pour l’autonomie. »
Sur l’énergie durable, on a observé que « dans de nombreux pays des Suds, on utilise beaucoup le charbon de bois, en particulier pour la cuisine... et presque toujours, ce sont les femmes qui s’en occupent. Elles sont donc particulièrement affectées par la toxicité de ce combustible. »
« On ne peut pas décemment parler de LA femme (la femme africaine, la femme européenne, etc.). Les femmes ne sont pas toutes les mêmes, il y a des urbaines, des rurales, des célibataires, des mariées, des hétérosexuelles, des lesbiennes... Certaines, en fonction de leur classe sociale ou de leur origine, sont doublement discriminées. »
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Pour Genre en Action, il est surtout important d’insister sur le rôle du genre comme outil de compréhension des inégalités :
"L’intérêt du genre, c’est de montrer que le problème n’est pas lié aux femmes, ni que ce sont les femmes le problème. Il n’y a pas de raisons biologiques ou hormonales aux inégalités. Il s’agit de problèmes sociétaux qui affectent les femmes. Faire des projets qui ne sont dirigés que vers les femmes, comme le micro-crédit, est donc une erreur, car cela sous-entend que le problème vient des femmes. C’est aux contextes socio-économiques qu’il faut s’attaquer." (...)