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Fleur Pellerin et le CNN s’attaquent au sexisme sur le Web
Article mis en ligne le 13 décembre 2013
dernière modification le 10 décembre 2013

Le sexisme sur le Web, Fleur Pellerin connaît. Avant de devenir ministre, elle avait été la cible de Jean-Baptiste Descroix-Vernier, patron de Rentabiliweb et à l’époque vice-président du Conseil National du numérique (CNN). Vexé de n’avoir pas pu rencontrer le candidat François Hollande, il avait déclaré en public : « il s’est contenté de nous envoyer sa femme de ménage. » En l’occurrence Fleur Pellerin, alors conseillère à l’économie numérique du candidat socialiste. (Voir CNN... et maintenant les femmes de ménage)

Ce n’est sans doute pas cette raison qui la pousse aujourd’hui à vouloir agir, mais Fleur Pellerin annonce sur le site du ministère ce lundi : « Avec Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, nous avons saisi le Conseil national du numérique d’une mission pour travailler sur l’image des femmes sur Internet. » La ministre va pouvoir s’appuyer sur un CNN paritaire puisque cet organe, reconfiguré fin 2012 compte désormais autant de femmes que d’hommes (Jean-Baptiste Descroix-Vernier n’y est plus).

Soutières du numérique

Dans un entretien au Journal du dimanche, la ministre observe qu’elle est souvent la seule femme dans les conférences sur l’économie numérique puisque seuls les dirigeants prennent la parole dans la sphère publique et la majorité des dirigeants sont des hommes dans le numérique (et ailleurs).
L’arrivée d’une femme à la direction de Twitter ces derniers jours a par exemple été vécue comme un événement exceptionnel. Et plusieurs études montrent que si les femmes sont présentes dans le numérique, c’est en bas de l’échelle, rarement aux postes de direction (voir -> Plus d’un quart de femmes dans le numérique)

Pour des raisons étranges qu’il appartiendra au CNN d’analyser, les filles, malgré de bons résultats dans les matières scientifiques à l’école, ne s’orientent pas vers les métiers du numérique. Question d’image. De nombreux messages plus ou moins subliminaux viennent asséner que ce n’est pas pour elles (voir Ingénieures, pas call girls ou Si tu es ingénieure, baisse les yeux) et les messages positifs ont du mal à s’imposer (voir Science au féminin, clip gagnant). Même l’algorithme du moteur de recherches Google accompagne l’internaute vers des contrées sexistes (voir La misogynie passe aussi par Google)

Pour les mêmes raisons étranges, les femmes qui veulent entreprendre dans le numérique ne trouvent pas d’investisseurs pour les accompagner. (...)

Au-delà du sexisme ordinaire qui veut insidieusement remettre les femmes à « leur » place, la Toile est envahie de clichés, propos insultants, voire d’incitations à la violence envers les femmes. Récemment, une vidéo incitant les garçons à embrasser de force les filles dans la rue a fait un gros « buzz » (voir Guillaume, 28 ans, prof de sexisme), mais il y a aussi les jeux vidéos qui envoient du sexisme en barre (Voir Paroles de gamers sur le sexisme geek). Et des questions encore pas tout à fait résolues sur l’incitation au viol sur la toile (voir #FBRape : Facebook promet d’agir ) .
A chacun de ces dérapages, ce sont des débats homériques sur les thèmes : c’est de l’humour, votre combat est ringard, on n’y peut rien... (...)