Environ 500 personnes se sont rassemblées samedi là où habitait la victime, Amélie Thomas qui avait trouvé un appartement pour fuir son conjoint jaloux. Elle était assistance sociale et travaillait à la Cité sanitaire de Saint-Nazaire. Âgée 31 ans, elle est décédée à son domicile à Trignac le 8 octobre dernier. Sans présumer du jugement à venir, elle aurait été victime d’un féminicide. En effet, malgré ses dénégations, son compagnon a été mis en examen pour meurtre.
C’est Solidarités Femmes de Loire-Atlantique qui a organisé cette marche à la demande des proches de la victime. Maxime Huteau journaliste à Ouest-France précise dans un article que l’enquête pour meurtre sur conjoint devra déterminer si oui ou non Amélie Thomas a été victime d’un féminicide. Mais les doutes ont depuis été levés. Amélie tentait de se dégager de l’emprise de son compagnon, un homme jaloux. Le journaliste nous apprend aussi que la victime « n’avait pas le droit de porter de jupe ». Le suspect a contesté le meurtre et évoqué un suicide par pendaison. L’autopsie et les premières constatations des techniciens en identification criminelle ont contredit cette théorie. Finalement, c’est un suicide aux allures de meurtre, a écrit Olivier Quentin sur le site de France 3 Pays-de-Loire. (...)
Au même moment, précise le journaliste, l’association « Nous Toutes 44 » manifestait place Royale à Nantes. Il s’agissait d’un rassemblement pour dénoncer les féminicides en France. Il y en a eu 104 à ce jour depuis le début de l’année.
Des féminicides non reconnus par la loi
Le meurtre d’une femme ou d’une jeune fille parce qu’elle est une femme, soit le féminicide, n’est pas reconnu par la loi française. Cette absence est liée à la conception universaliste du droit. Cela explique pourquoi le féminicide n’est toujours pas inscrit dans le Code pénal français malgré l’organisation du Grenelle des violences conjugales en 2019 et les deux lois récentes sur les violences conjugales promulguées en décembre 2019 et juillet 2020. Le meurtre d’une femme est considéré comme un homicide.
Les associations féministes protestent sur ce sujet. Pour elles, les féminicides ne sont pas des homicides comme les autres, ce ne sont pas non plus des affaires privées. Pourquoi ? Parce que pour les associations, les femmes sont encore considérées comme la propriété de leur compagnon ou des hommes en général. Ils s’approprient le corps des femmes et des filles par diverses agressions sexuelles et sexistes, par le viol, mais aussi par le meurtre. L’association Osez le féminisme » estime qu’il « est temps de reconnaître que le féminicide est un crime spécifique, un meurtre misogyne qui doit être reconnu et jugé comme tel ».
Une manifestation programmée le 19 novembre prochain dans toute la France
Le collectif #NousToutes et l’ensemble des associations féministes et des organisations syndicales ont signé un texte d’appel. Ils invitent les femmes et les hommes à participer à ce mouvement national en s’y associant. »Pour que nos vies ne soient plus classées sans suite » est le slogan mis en avant par le collectif (...)
Au 14 octobre, il a été dénombré 102 féminicides depuis le premier janvier, soit un décès tous les deux jours. (...)