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Etrangers déboutés du droit d’asile : une stratégie d’élimination
Article mis en ligne le 29 avril 2014

Valentina S., Bashkim S. et leurs 2 petites filles : Adela, 20 mois et Ajana, 5 mois, sont expulsables du jour au lendemain [1]. Albanais du Kosovo, ils résident en France depuis 2 ans ½, et les enfants y sont nés... Mais ils ont épuisé tous leurs recours, confrontés à une notion d’asile de plus en plus restrictive, et n’ont plus le droit de rester à l’hôtel où ils étaient assignés à résidence à Auch, bien qu’ils ont déposé une demande de régularisation à titre humanitaire.

Comme plusieurs familles dans la même situation, albanaises ou arméniennes, voici donc le couple S. livré à lui-même, sans aucune ressource, contraint de partir dans la rue avec ses deux bébés. Nul besoin de les expulser manu militari : il suffit aux services de l’Etat de laisser pourrir la situation, d’ignorer leur détresse, de jouer avec leurs nerfs et avec leur santé : ils n’ont même pas de quoi se procurer du lait pour les bébés ! Qui s’étonnera que les personnes vivant dans une telle situation, dans l’angoisse permanente du lendemain, de plus en plus désespérées, développent des dépressions sévères ? Pourtant, de même que les autorisations pour trouver du travail, les demandes de séjour au titre d’étranger malade sont presque systématiquement refusées. Sans papiers, ces familles n’ont plus d’existence légale, et sans aucune ressource, elles n’ont plus d’existence tout court...

Dans une interview donnée à La Dépêche le 10 avril, Monsieur le Préfet du Gers prétendait la main sur le coeur que les droits des étrangers déboutés du droit d’asile sont respectés, et que leur situation est traitée avec humanité... Alors que des familles ont déjà été séparées (le père expulsé), que leurs papiers sont confisqués, leurs démarches empêchées, et ce pendant des mois voire des années, jusqu’à ce qu’elles soient acculées à se retrouver à la rue ou à réclamer d’elles-mêmes leur billet de retour ! Qui ne voit pas que cette stratégie parfaitement délibérée d’usure psychologique et d’élimination sociale est une maltraitance organisée, qui fait honte aux services de l’Etat, à la patrie des droits de l’homme.

Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas d’afflux massif d’étrangers en France, et leur intégration est source de richesse [1] : contre la stratégie d’élimination honteuse qui a cours actuellement, nous exigeons que les demandes de régularisation soient désormais traitées avec bienveillance et avec humanité !

Valentina, Bashkim, Adela et Ajana doivent rester en france !