Le candidat d’extrême droite est accusé de faits présumés lorsqu’il était journaliste, de 1999 à 2019. Son entourage accuse « Mediapart » de « recycle[r] » des témoignages.
Dans une enquête vidéo publiée par Mediapart mardi 8 mars au matin, huit femmes, dont certaines à visage découvert, accusent Eric Zemmour de comportements inappropriés et d’agressions sexuelles, pour des faits présumés allant de 1999 à 2019, lorsqu’il était journaliste. L’entourage du candidat d’extrême droite a réagi auprès de l’Agence France-Presse (AFP) estimant que « Mediapart veut faire un coup le jour de la Journée [des droits] de la femme en recyclant des témoignages déjà sortis l’an dernier. Minable à cinq semaines du premier tour » de l’élection présidentielle. Le candidat a, lui, refusé de répondre aux questions des journalistes du site d’information. (...)
Si certaines des femmes présentes dans la vidéo avaient déjà témoigné auprès de Mediapart dans deux articles publiés au cours de l’année 2021, d’autres s’expriment pour la première fois publiquement. C’est le cas de Claire. Alors âgée de 18 ans, elle raconte avoir effectué un bref stage en journalisme au sein de la rédaction du Figaro en 2002. Appelée par M. Zemmour pour l’aider à régler un problème informatique à son bureau, cette dernière affirme avoir « sen[ti] sa main dans [s]on dos qui fait des allers-retours de bas en haut ». (...)
La stagiaire signale ce comportement à sa référente de stage, Pascale Sauvage, une ancienne collègue de l’éditorialiste politique au sein du quotidien national. La journaliste décide alors de mettre en garde son collègue : « Je lui ai dit, “tu touches pas à la stagiaire.” » Elle affirme que M. Zemmour lui a répondu : « Si maintenant on ne peut plus draguer les stagiaires. Les stagiaires, c’est quand même fait pour faire des pipes et du café. » (...)
Une autre ancienne stagiaire, Séverine, l’accuse de lui avoir tenu des « propositions très crues de relations sexuelles » et de l’avoir « bloquée contre la paroi de l’ascenseur et embrassée de force sur la bouche » lors de son passage en stage au sein de la rédaction du Figaro en 1999.
Parmi les autres témoignages, Gaëlle Lenfant, ancienne responsable aux droits des femmes du Parti socialiste (PS), élue d’opposition au conseil municipal d’Aix-en-Provence, accuse aussi l’ancien éditorialiste de l’avoir « embrassée de force » lors d’une université d’été du PS tenue à La Rochelle au début des années 2000, alors qu’elle était « jeune militante socialiste ».
Elle avait été la première des huit femmes à s’être exprimé sur de tels faits, le 24 avril 2021, dans un post sur Facebook, puis dans un article de Mediapart. (...)
Le 9 décembre 2021, interrogé sur France 2 sur les précédents articles de Mediapart relatant ces accusations, M. Zemmour avait estimé ne « pas » avoir « à répondre. Je ne parle pas de ma vie privée. (...)
Lundi 7 mars, la veille de la publication de l’enquête, il était interrogé comme d’autres candidats par LCI et Elle au sujet des droits des femmes et des violences à leur encontre. Il déclarait alors : « Les violences faites par les hommes, que ça soit à l’intérieur de la famille ou à l’extérieur, je veux dire, toute violence est absolument impardonnable et doit être sanctionnée très sévèrement. »