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IRIN - nouvelles et analyses humanitaires
En Israël, l’accueil des réfugiés s’organise
Article mis en ligne le 8 septembre 2015

Sur Facebook, la demande était simple : « Homme recherche toit ». La réalité derrière ce message l’était peut-être un peu moins. Fin août, des activistes israéliens ont commencé à demander à leurs concitoyens d’accueillir des étrangers – des demandeurs d’asile ou des réfugiés sortant tout juste de détention – chez eux.

Au terme de plusieurs années de bataille judiciaire, la Cour suprême israélienne a décidé le mois dernier que 20 mois – la période maximale de détention des réfugiés et demandeurs d’asile de sexe masculin d’un centre de détention situé dans le désert - était une durée excessive.

Alors, dans les jours qui ont précédé la date butoir de remise en liberté fixée par la Cour, près de 1 200 hommes ont quitté le centre de détention d’Holot. Mais il y avait un hic : leur libération s’assortissait d’une interdiction de vivre ou de travailler à Tel-Aviv ou à Eilat, les deux villes concentrant l’essentiel des quelque 45 000 réfugiés que compte le pays. Faute de pouvoir retourner à leurs amis, famille ou communauté, nombre d’entre eux se sont retrouvés à la rue.

Moran Mekamel, la responsable du groupe Étudiants de l’université Ben Gourion pour les réfugiés et les demandeurs d’asile, est à l’origine de l’appel « Homme recherche toit » posté sur Facebook pour appeler les Israéliens vivant en dehors des villes interdites à se proposer comme hôtes.

Cette bénévole de 30 ans a été agréablement surprise de la réponse suscitée. En une heure environ, 30 personnes s’étaient déjà proposées pour accueillir 70 personnes environ. (...)

À contre-courant

La communauté réfugiée a elle aussi été prompte à réagir en prenant en charge la plupart des ex-détenus, mais les Israéliens ordinaires ont comblé les lacunes. (...)

L’écrasante majorité des réfugiés et demandeurs d’asile d’Israël viennent du Soudan ou d’Érythrée. Fuyant la persécution politique ou la guerre, ils arrivent généralement par voie terrestre en passant par l’Égypte. (...)

La plupart atterrissent à Holot, un centre de détention situé dans le désert de Nogev, dans le sud du pays, symbole de la « loi anti-infiltration » d’Israël. Les demandeurs d’asile sont autorisés à quitter le centre la journée – bien qu’il n’y ait guère plus à voir alentour que du sable à perte de vue – mais n’ont pas le droit de travailler. Ils reçoivent une modeste allocation hebdomadaire. Bien que les détenus de longue date aient été libérés, d’autres ont été cités à comparaître à Holot. La bataille judiciaire continue.

Les réfugiés et demandeurs d’asile ont la possibilité de quitter le pays suivant une procédure de « déportation volontaire », mais la sécurité des personnes ayant opté pour cette solution est source de vive inquiétude. Au printemps, trois hommes ayant quitté le pays de leur propre gré auraient été tués en Libye par l’État islamique autoproclamé.

Le gouvernement a également été accusé de minimiser le danger que représente un retour au pays pour les Érythréens. (...)