A la suite de plusieurs pays d’Amérique latine, l’Équateur va faire du féminicide - meurtre d’une femme en raison de son sexe – un crime spécifique dans son nouveau code pénal.
(...) A la fin du mois de mai, les parlementaires équatoriens devraient approuver la réforme du code pénal, initiée par le Congrès fin 2011. Et désormais ils prévoient d’y inclure le crime spécifique de féminicide.
Les premières statistiques nationales sur la violence de genre en Équateur ont été publiées en 2012, indiquant que 60% des femmes, dans ce pays d’Amérique du Sud, ont été victimes d’une forme de violence.
Le projet de loi décrit le féminicide comme le meurtre d’une femme « du fait qu’elle est une femme, dans des circonstances clairement établies ». (...)
Sur les 60% de femmes ayant déclaré avoir subi des violences, dans l’enquête nationale publiée en 2012, les trois quarts (76%) ont été victimes de leur partenaire ou ex-partenaire. Deux femmes sur 5 ont déclaré avoir été victimes de violences physiques, une sur 4 de violences sexuelles. La violence est autant présente en ville que dans les campagnes, et touche toutes les classes socio-économiques. (...)
Des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour demander davantage de sécurité, et les familles des victimes ont appelé à classer le féminicide comme un crime spécifique.
Pour la psychologue Angélica Palacios,spécialisée dans la protection des victimes de crimes sexuels, « ce sujet concerne les relations de pouvoir au sein de la famille, du monde du travail et des systèmes sociaux ». (...)
« Appeler le crime par son nom n’aidera pas à l’empêcher ou l’éviter. Mais c’est un outil pour mobiliser l’attention, sensibiliser les gens sur la question pénale, et aussi obtenir de meilleures informations statistiques qui pourront permettre de changer les choses ».
En intégrant le féminicide dans son code pénal, l’Équateur suit les pas d’autres pays d’Amérique Latine : l’Argentine, la Bolivie, le Chili, le Costa-Rica, El Salvador, le Guatemala, le Mexique et le Pérou. (...)